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14/08/2015

Sextos : Comment ne pas rater son coup

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« Coucou, tu veux voir ma bite ? » En matière de SMS enflammés, il y a sûrement mieux à faire que de proposer à brûle-pourpoint de montrer ses parties génitales à une jeune femme. Rappelons déjà que les messages à caractère sexuel doivent s’échanger entre personnes adultes et consentantes. Ca, c’est la loi. Ensuite, le sexto peut être cru, romantique, scénarisé, imagé, peu importe le contenu du moment qu’il attise le désir. D’après une étude américaine publiée il y a quelques jours, les sextos seraient bénéfiques pour les couples. A condition de ne pas se louper.

Conseil n°1 : Envoyer au bon destinataire

Ca paraît bête mais les erreurs de destinataires, si elles sont une mine d’or pour votre psy, peuvent vous mettre dans un bel embarras.  Si vous envoyez des photos, évitez de le faire au premier venu ou à un moment où vous ne savez pas qui a le portable entre les mains : « Un patient m’a raconté qu’il avait envoyé un sexto à sa femme sur son portable professionnel. Malheureusement, c’était l’associé de sa femme qui l’avait à ce moment-là », témoigne la sexologue Ghislaine Paris.

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En revanche, pour certains, le côté « je peux me faire choper » rend les échanges encore plus pimentés : « Tu peux être en compagnie d'amis, au boulot, dans le métro, tu ouvres un texto et tu sens tes joues rougir et la chaleur monter dans le bas du dos, témoigne Alice, 39 ans. Les moments de gêne sont une montée d'adrénaline que l’on recherche aussi. »

Conseil n°2 : Faire confiance au destinataire

Surtout si vous envoyez des photos. Le « revenge porn », c’est-à-dire le fait de poster des photos osées de son ex sur les réseaux sociaux pour se venger, est un des fléaux du web. Certes, vous n’êtes pas Scarlett Johansson, mais mieux vaut se méfier. Si vous avez envie de montrer vos atouts à votre nouvelle conquête, évitez les signes distinctifs, du style votre tête. Vous pourrez ensuite toujours nier, sauf si comme Kanye West vous êtes fier de votre gros kiki.

Conseil n°3 : Etre dans la séduction

Que l’on soit un vieux couple ou de jeunes tourtereaux, le but du sexto doit être de séduire l’autre, rappelle la sexologue Ghislaine Paris. « Le sexto est une manière d’utiliser les nouveaux moyens de communication pour exprimer quelque chose d’aussi vieux que le monde : la sensualité, le désir, l’imaginaire. » Pour ceux qui débutent une relation, la «phase passionnelle » est naturellement rythmée par ces montées de désir. Alice « découvre l'excitation de ces échanges depuis peu de temps » avec un homme rencontré récemment : « On se dit peut-être plus facilement nos fantasmes et nos envies que si on devait en parler en face à face. Et quand on se revoit on sait ce que l'autre aime. Personnellement, je trouve cela très excitant et cela permet une sexualité plus épanouie. »

Idem pour les couples installés, le sexto peut rebooster une libido sombrant dans le train-train. « La communication est un facteur très important de pérennité du couple et de maintien du désir sexuel dans un couple », note la sexologue.  Stéphanie, 33 ans, estime que lors d’une « d’une baisse de forme passagère » dans le couple, les sextos « font partie du dialogue, ils peuvent briser la glace et détendre l'atmosphère. »

« Beaucoup de patients m’ont dit qu’ils ont plus de facilité à dire certaines choses quand ils ne sont pas en face à face, explique Ghislaine Paris. Ils rentrent dans un imaginaire, un récit, un  scénario, qui leur permet néanmoins de se dire des choses importantes. » Alice avoue échanger des sextos où elle et son amoureux « s'inventent des rencontres dans des lieux fantasmés ». Elle a aussi « des échanges de textos sur plusieurs jours pour finir l'histoire par une très belle séance de cul » dans la réalité.

Pour les couples qui se voient peu souvent, c’est un moyen de maintenir un contact « physique ». Sonia, 42 ans, a pris goût aux sextos pour garder le contact avec une nouvelle conquête : « J'ai rencontré un steward, explique-t-elle. Comme il n'est pas hyper disponible et que moi-même, entre le boulot et les enfants, je ne le suis pas plus, les sextos sont plutôt pratiques. Cela permet de garder une certaine proximité jusqu'au rendez-vous suivant. »

Règle n°4 : S’adapter à l’autre et aux circonstances

 « Il vaut mieux essayer de connaître l’état d’esprit de la personne à qui on envoie un sexto », conseille Ghislaine Paris. Des mots crus envoyés au mauvais moment peuvent engendrer « des contresens, paraître vulgaires, choquants » : « Quand on est dans un état d’excitation avancée, on peut employer des termes qui sont susceptibles de provoquer une incompréhension chez la personne en face si celle-ci n’est pas dans le même état. » En gros, « Suce-moi, ma petite goulue » alors qu’on est au rayon charcuterie-traiteur, ça excite moyen.

D’autre part, il faut essayer de s’adapter aux envies de l’autre et d’être au même niveau de cochonnitude. On peut commencer doucement et s’adapter en fonction des réponses reçues. On y va graduellement. « Il faut être subtil, analyser la réponse de l’autre », rappelle Ghislaine Paris.

Règle n°5 : Du bon usage des photos et de votre pénis

Subtilité, chapitre 2. Sauf quelques exceptions, la majorité des filles n’est pas spécialement émoustillée à l’idée de voir un pénis en gros plan. Surtout sous une lumière dégueulasse et un angle hasardeux qui rappelle plutôt le rayon charcuterie (on y revient) que la nuit torride de la veille. « Un pénis vu de façon directe n’est pas du tout une source d’excitation pour les femmes, note la sexologue. Quand on envoie un sexto, il faut se demander ce qui est susceptible d’exciter l’autre et non pas se baser sur son propre ressenti. »

 


04/06/2015

Une heure chez John B.Root

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On entre par une cour comme il en existe des centaines dans le 11e arrondissement. Un marchand de meubles, quelques plantes vertes, plusieurs escaliers. Sur la porte, son état civil: un nom et un prénom banals, qui peuvent rappeler des souvenirs de lecture aux vieux abonnés à J’aime lire ou Je bouquine. Si aujourd’hui on sonne à la porte de l’auto-rebaptisé John B.Root, c’est aussi pour une question littérature: le plus célèbre réalisateur de porno français publie le 4 juin un roman intitulé Le pornographe et le gourou.

Larsens littéraires

On l’interrompt en plein montage d’une version soft d’un de ses innombrables films. En pleine crise du porno, John B.Root bosse dur pour ne pas sombrer. Seul, depuis qu’il n’a plus les moyens d’employer du personnel. Et à la maison, dans un bureau propret à côté de sa chambre. «En ce moment, je fais un film par an pour Canal+, je bosse pour mon site internet,explicite-art.com, et le magazine. Cela signifie deux tournages par mois et le traitement des photos. Et entre les deux, j’écris des bouquins». 

Et il écrit très bien. Le personnage principal du roman, Valentin alias Paul Forguette, est réalisateur de pornos. Tiens donc. Traumatisé par une mère toute-puissante et revenu des psychanalystes. Déprimé par l’impossibilité de faire du beau porno dans un marché accaparé par les réalisations amateurs bas de gamme. «On ne saura jamais quelle part de moi il y a en lui, nous dit John B.Root. Il y a des choses qui sont autobiographiques, comme sa famille et le fait de devenir pornographe pour échapper à sa mère, mais Valentin, c’est moi en pire: plus traumatisé, plus dépressif, plus mystique… J’ai poussé tous les potards à fond pour que ça fasse du larsen.» Ce n’est que lors d’un voyage en Inde, après la rencontre avec un gourou méditato-médiatique, que Valentin va réussir à accorder ses violons internes. «La déprime, c’est l’énergie basse», explique John en se mettant au piano pour illustrer les  accords et désaccords de notre âme avec le monde. On dérive sur du Satie, comme ça. «Je suis complètement autodidacte en musique.» Respect.

Coup de pied au cul

La méditation, c’est ce qui a permis à John B.Root de tenir le coup seul dans la maison du Cap d’Agde où il a vécu pendant deux ans. Seul avec Diogène, son petit chien blanc qui vous fait la fête en arrivant. «Là-bas, en été c’est très amusant, mais l’hiver, c’est une vie de gardien de phare», confie-t-il. La solitude, un thème qui revient dans une chanson qu’il a composée et qu’il nous fait écouter. Et qui revient aussi dans sa bouche quand on parle de ses goûts cinématographiques. «Je ne peux pas aller au cinéma tout seul, je ne le vivrais pas bien, mais je regarde beaucoup de films sur ma télé.» Son dernier coup de cœur: Interstellar. «J’ai pleuré et tout, je l’ai vu quatre fois pour comprendre.»

Sur la grande table du salon, où le B.Root cuisinier «spécialiste de la queue de taureau» rassemble ses amis autour de grandes bouffes, trône un Bouddha. «Acheté 5 euros à Super U». Peu importe. «J’ai fait deux ans de psychanalyse mais ça ne me convenait pas: les psys rejettent toujours la faute sur les autres, vous disent que vous êtes formidable mais que si vous allez mal c’est de la faute de votre mère, de votre père… Ensuite j’ai essayé l’hypnothérapie. Et enfin j’ai rencontré une spécialiste des plantes, qui m’a forcé à lire mon premier bouquin sur la méditation: ça m’a troué le cul.» Et surtout, il a pris le coup de pied au cul qui lui manquait: «Personne ne sera heureux à notre place, c’est à nous de faire le boulot.»

Bourreau de travail

John B.Root fume cigarette sur cigarette. «Bon, quand je fais les respirations pour méditer, je sens que c’est pas terrible les poumons, parce que je fume trop.» Il a ça en commun avec deux hommes qu’il admire: Gainsbourg et Houellebecq, qu’il a rencontré il y a quelques années. «On s’est rien dit. On a bu de la bière pendant 3h, j’étais bourré, lui aussi. Il m’a parlé de Mauriac, j’en avais rien à foutre, j’ai pas lu Mauriac.» Un bon souvenir malgré tout. «C’est mon auteur français préféré», nous dit-il, et ce n’est pas étonnant après la lecture de son roman où la misère sexuelle côtoie le mystique sous des latitudes tropicales. On lui demande s’il est allé en Inde pour la rédaction. «Oui, avec Google maps, c’est génial.» Bien sûr, il aimerait y aller, mais là tout de suite, il faut être «moins con que Valentin», son personnage, et tenir la barre.

Tenir la barre, ça veut dire faire des photos, des films, remonter des films… B.Root adore les tournages, ces moments «où l’on partage le plus intime» avec la «famille du cirque» du porno. «Les culs, les bites, les chattes, ce sont ceux qui regardent les films qui les voient, nous on s’en fout complètement.»  Ce qui le fait bander lui, ce sont les difficultés techniques, l’ambiance du tournage, le texte… «Je peux encore me branler sur du porno mais pas sur les miens», confie-t-il. Le montage des films n’est pas une partie de plaisir. «Je passe des semaines dans des anus dilatés tout seul ici». La solitude du créateur, non, pas pour lui, merci.

Amoureux des femmes

On se sent bien chez John B.Root, même si on aurait préféré ne jamais savoir ce qui s’est passé sur le canapé où l’on est assis et que la table basse du salon n’a pas connu l’ajax vitre depuis 1992. Ça n’a aucune importance, «la matière n’existe pas», nous dit-il. «Tout ça, c’est du vide et de l’énergie». John B.Root est attachant et le courrier qu’il reçoit le prouve. «30% des lettres sont écrites par des femmes qui veulent me rencontrer, poser pour moi ou libertiner avec moi mais là elles se trompent. Je reçois aussi des lettres d’actrices qui veulent tourner avec moi, je n’ai jamais eu à chercher, elles trouvent que ce que je fais leur ressemble.» Sûrement parce qu’il met un point d’honneur à ne jamais mettre les femmes dans des situations de soumission face aux hommes et qu’il préfère les héroïnes fortes. «La majorité des réalisateurs de porno présentent des femmes objets qui ouvrent la bouche et le cul et disent merci. C’est fait pour des mâles qui doutent d’eux-mêmes. Mais est-ce que tu peux baiser avec une femme que tu considères comme un objet? Je veux bien qu’on me traite d’obsédé mais si on me traitait de misogyne, ça me donnerait envie de pleurer.»

John nous propose un whisky. On doit filer, malheureusement. On serait bien resté encore un peu pour discuter de métaphysique, de psychanalyse et de la limite des trois phalanges imposée par Canal. Il nous offre deux DVD, «si on a un mari qui aime le porno». On n’a pas de mari, mais on les regardera. Peut-être d’un œil différent en pensant à celui qui a «accepté de se mettre dans le ghetto» du porno et «d’être victime de tous les préjugés sur ceux qui le font». Une heure avec John B.Root suffirait à changer le regard de ceux-là. On descend ensemble, avec Diogène, tout content de sortir faire sa crotte du soir.  Le soir tombe sur Bastille, il va aller dîner en terrasse pour sortir un peu de son appart-bureau. On se sent un peu comme ces gens émus de le rencontrer en vrai («Ils me doivent des branlettes») ou ces jeunes filles qui ont insisté pour faire des photos pour lui. «C’est en étant gentil qu’on obtient le plus», nous dit-il. Pornographe ou gourou, ou les deux, ou ni l’un ni l’autre? John B.Root en dit beaucoup sur lui mais reste un mystère. Tant mieux, c’est ça qui attise le désir.

Le Pornographe et le Gourou, John B.Root, parution le 04/06/2015.

19:08 Publié dans CULture | Lien permanent | Commentaires (0)

16/04/2015

Les femmes dessinent le pénis «idéal»

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On avait laissé nos hommes dans l’embarras face à une page blanche sur laquelle ils devaient représenter le sexe féminin. Leur vengeance est arrivée: le magazine Elite Daily a demandé à des femmes de dessiner un pénis. Mais attention, pas n’importe quel pénis: le pénis «idéal». Grandeur nature. Et là, les femmes s’avèrent aussi peu réalistes que les hommes: l’idéal se situerait entre 15 et 18cm pour ses dames, alors que la moyenne (en érection) est plus proche de 12cm. Leurs dessins représentent donc des sacrés braquemards qu’elles ne devraient pas croiser très souvent. On a le droit de rêver.


 
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