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10/06/2013

Quand le «porno vengeance» débarque sur nos murs Facebook

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Sur Facebook, on a l’habitude de voir les barbecues arrosés de rosé de Manu, le bikini de la standardiste en vacances à Majorque et les bobines baveuses des bébés de la cousine Jocelyne. Mais parfois, on peut aussi tomber sur des choses plus croustillantes, comme une vidéo porno d’un couple récemment séparé. C’est ce qui est arrivé au nouveau compagnon d'une femme habitant dans le Doubs, qui a eu la surprise de découvrir sur son wall une vidéo de sa chère et tendre en train de faire quelques gâteries à son ex. La vidéo, prise quelques années auparavant, avait été évidemment postée par l'amer ex-petit ami.

D’après le quotidien Le Progrès, la vengeance sur Facebook a fait son petit effet: l’héroïne de la vidéo aurait perdu l’appétit et développé un eczéma lié au stress. Mais le tribunal n’a pas condamné l’ex vengeur: «l’atteinte à l’intimité de la vie d’autrui en captant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de leur auteur […] l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé» n’a pas été retenue et l’amoureux dépité a été relaxé.

Une décision qui étonne Etienne Drouard, associé au sein du bureau de Paris, spécialiste de la propriété intellectuelle, des technologies de l’information et de la protection des données: «La violation de la vie privée est caractérisée d’une part par la captation d’informations à l’insu de la personne, d’autre part par la diffusion à des tiers d’images prises dans le cadre privé. Si la dame dit qu’elle ne se savait pas filmée, il y a violation de la vie privée, et si elle le savait mais qu’elle argue que la vidéo n’était pas faite pour être mise sur Facebook, elle a aussi parfaitement raison.»

Notez donc bien ça dans vos tablettes: vous pouvez vous filmer avec Robert sur le canapé de votre salon, et être plus que consentante, cela ne lui donne pas le droit de diffuser la vidéo sur un espace public comme un mur Facebook. En revanche, si vous captez vos ébats dans le hall d’un hôtel, sur la plage ou dans la petite rue piétonne derrière chez vous, la vidéo devient absolument publique. Et il n’y a alors pas d’atteinte à la vie privée si elle se retrouve sur Facebook, avertit Etienne Drouard.

Les tribunaux français vont certainement devoir se mettre à l’unisson sur les décisions liées aux vidéos revanchardes. Aux Etats-Unis, le «porno vengeance» devient un tel problème qu’un sénateur de Californie a déposé une proposition de loi visant à donner le statut légal de crime à la diffusion sur le Web de toute photo ou vidéo classée X sans le consentement de ses protagonistes. Car il n’y a pas que des petites vidéos coquines qui débarquent sur les réseaux sociaux: en avril dernier, trois adolescents californiens ont été inculpés à la suite du suicide d’une jeune fille de 15 ans dont la vidéo du viol par les trois garçons avait circulé sur la toile.

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