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18/10/2013

Comment je n’ai pas baisé au Salon du sextoy

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Depuis que je tiens ce blog, il m’arrive des choses étonnantes. Par exemple, être invitée trois jours au plus grand salon européen du marché de l’érotisme, baptisé Erofame (en hommage à Irene Cara, à n’en pas douter). Après avoir hésité deux dixièmes de seconde, j’avais accepté la proposition du président de l’asso des fabricants de sextoys français (ci-après nommé le Chef) de les accompagner pour un reportage embedded, enfin c’est ce que j’espérais.

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070.JPGPage de pub: L’association Plaisir de France (www.plaisirdefrance.org), c’est du plaisir 100% Made in France, ils sont géniaux, soutenez leur campagne Indiegogo: www.indiegogo.com/projects/plaisir-de-france

 

 

 

 

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Donc me voilà embarquée pour Hanovre, Deutschland. On avait prévu de me faire dormir avec la bande de joyeux drilles dans un appartement «où il y a une piscine, emmène ton maillot». J’ai mis le maillot dans le sac, quelque peu rassurée par la pertinente remarque de mon toujours pertinent Supérieur hiérarchique (ci-après nommé Mon Supérieur): «Avec le nombre d’actrices que tu vas croiser, ils auront peut-être plus l’énergie pour toi le soir». C’est ce qu’on va voir, mon pote (pardon, Mon Supérieur).

Mercredi 9 octobre, 5h15

Je pars (aïïïïïïe) de chez moi. Dans le Noctilien, la France qui se lève tôt sent un peu les pieds. A la gare du Nord, une sorcière veut me taxer une clope. J’ai les yeux en croix. C’est elle qui a peur. Le Thalys, cette belle invention, me permet de pioncer un peu jusqu’à Bruxelles, où je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour Charles (vous connaissez Charles ? http://toutsexplique.20minutes-blogs.fr/archive/2013/06/11/rendez-vous-avec-charles-le-gigolo-a-la-baguette-magique.html). Pensée émue qui me donne faim, c’est la pause pain au choc dégueulasse dans le wagon-bar où un type fait des grands «Haaaa» après chaque gorgée de café. Je peux tuer pour ça. Je quitte le wagon-bar pour trouver un gros Liégeois assis à côté de moi. Il sent un peu des pieds aussi, mais des pieds belges, c’est subtilement différent. Je sors «La guerre des fesses», dernier ouvrage du rigolo sociologue Jean-Claude Kaufmann, ça me met dans le bain.

12h30

080.JPGJ’arrive à Hanovre. Il fait moche, mais on le savait. La gare est un centre commercial gigantesque où il y a de quoi nourrir tout le continent africain. C’est pas la crise en Allemagne, ça se voit. Salauds. Un coup de U-Bahn et j’arrive au Messe. Enfin, à un bout du centre d’expos qui est grand à peu près comme la région Picardie (et ces gens nous ont fait le coup de l’espace vital, fais-moi rire). Je marche seule pendant environ 45 minutes avant de trouver ce foutu hall 27. J’arrive en état de légère décomposition. Heureusement, la France est là et bien là: «Une petite coupe?». Vu mon manque de sommeil et le très léger abus d’alcool de la veille, je pense que c’est la meilleure manière d’attaquer l’après-midi.

14h30

Je commence mes investigations. Déambulant parmi des pénis géants et des vibro de toutes les formes imaginables, je croise des Allemandes comme on en voit peu l’été sur la plage.

 

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Conscience professionnelle oblige, je regarde, je touche, je pose des questions, je m’enferme dans un placard pour fumer en cachette avec un Robin des bois SM très court vêtu, je mets les doigts dans un vagin gonflable pour voir ce que ça fait (c’est bizarre, c’est visqueux et sec en même temps), bref je donne de ma personne.

Fourbue, je retourne poser mes fesses au stand de Plaisir de France et donc forcément reboire une coupette. Puis deux, puis trois. C’est à ce moment qu’on m’informe que l’appart dans lequel je devais aller enfin me coucher est en fait un baisodrome avec des matelas collés les uns aux autres et une personne étrange (ci-après nommée La Personne étrange). Nous décidons donc collégialement de continuer à boire pendant que le Chef me cherche un endroit où dormir. Ne voulant pas être une charge financière, je signale que je peux partager une chambre. Je finis dans une très belle chambre d’hôtel, absolument seule et tellement crevée que je ne réussis même pas à m’endormir.

Bilan de la journée 1: Zéro baise. Robin des bois était gay et mieux vaut «pouvoir se gratter le cul le matin» (dixit le Chef) que de partager sa chambre avec un inconnu. 

Jeudi 10 octobre, 10h

Je retourne, pas fraîche et pas très dispose, au salon (après 45 minutes de marche mais ça je vais arrêter de le mentionner, tenez-vous le pour dit). Je bosse, je découvre le premier vibro qui fait du va 056.JPGet vient (c’est assez magique), je me colle un tatouage de peau en forme de papillon pour réveiller l’enfant ingénue en moi, puis je décide d’aller explorer un peu Hanovre et surtout de me prendre un billet de train pour le retour. Parce que normalement, c’était la Personne étrange qui me ramenait. Or, il s’avérait que nous serions quatre dans une Twingo tombée en panne à l’aller. Soucieuse que quelqu’un sache aiguiller la police vers l’aire de repos de Schloss-Holte-Stukenbrock au cas où je disparaisse, j’en avais d’ailleurs informé Mon Supérieur qui, dans sa grande sagesse, m’avait répondu: «Ça me rappelle un excellent porno vintage sobrement intitulé Les putes de l’autoroute. Make me proud». Il est bon de se sentir soutenue.

Alors, pour le côté touristique, je vous la fait courte: Hanovre, prenez la rue derrière la Kirche, y a une jolie Platz, et puis rentrez chez vous.

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Heureusement, le soir, j’ai eu ma dose de folklore allemand. Comme dans tout salon qui se respecte, une soirée était organisée. Et qui dit octobre+soirée en Allemagne dit forcément Oktoberfest. Tout avait été reconstitué dans un hangar: le Biergarten, les bavaroises à tresses, la bière qui coule à flots. J’arrive avec la ferme intention de me bourrer la gueule aux frais de la croissance économique allemande mais je fais la grave erreur de préférer une saloperie de vin blanc italien à la bière. J’avais signé mon arrêt de mort.

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Si vous n’avez jamais mangé de Spätzle sur fond de musique bavaroise traditionnelle tout en regardant des photos de sextoys géants défiler sur grand écran, vous ne savez pas ce qu’est l’absurde. Pendant que j’essaye subtilement de savoir si des membres de la French team couchent ensemble, l’ambiance s’emballe. Tout le monde se met à danser. Certains de mes camarades hexagonaux me lâchent, reste l’électronicien de la bande (ci-après nommé le Savant fou) et l’Artiste (ci-après nommé The Artist) qui devait partir mais est revenu faute d’avoir trouvé la sortie. Au vingt-quatrième verre de blanc, j’allume une clope. Pas heraus, dedans. J’avais contresigné mon arrêt de mort. Un allemand gigantesque déguisé en bavarois avec une plume sur la tête vient alors me l’enlever des mains, Verboten, et m’explique pourquoi il va devoir me dénoncer à la Polizei, pourquoi je ne mérite pas de faire partie de ce monde et pourquoi on devrait éliminer les fumeurs. C’est à peu près ce que j’ai compris, en plus d’avoir touché du doigt à cet instant le quotidien des Français durant l’occupation. C’était pas cool. Traumatisée, je décide de rentrer, enfin de me faire rentrer par le Savant fou sans qui je serais encore en train de errer dans le dédale du parc des expos. Je me renverse la moitié du verre de vin embarqué pour la route sur les pompes. Même mes pieds ont trois grammes.

Bilan de la journée 2: Zéro baise. Traumatisée par les prix du Thalys, le site internet de la Deutsche Bahn et les Bretzel au fromage taille XXL, je n’ai même pas réussi à choper à la soirée. Et que ceux qui pensent qu’il s’est passé un truc avec le Savant fou se détrompent. On a juste visité nos chambres d’hôtel respectives pour comparer le rapport qualité/prix de l’hôtellerie allemande de milieu de gamme. Je le jure sur Angela Merkel.

Vendredi 11 octobre, 10h

IMG_2292.JPGJe ne suis plus que l’ombre de moi-même. J’ai (encore) dormi toute habillée, j’ai la gueule froissée, il pleut, il mouille, c’est la fête de la couille. Je tente une dernière fois de travailler, mais l’ambiance se relâche en ce dernier jour de salon. Je découvre qu’il y a du café gratuit sur le stand d’à côté. Je fulmine. Pour me consoler, je bois une dernière coupe de champagne avant d’aller prendre mon train (oui, finalement j’ai réussi, je ne vous dirais pas comment, mais cela n’implique pas de chantage sexuel, je le jure sur Karl Lagerfeld). Mon sac, plein de lubrifiant glané sur les stands, est lourd comme un cheval mort. Peu me chaut, je veux juste aller dormir dans un train et me réveiller à Paris, Frankreich. J’en peux plus des bretzels et je commence à me demander si à force de voir tous ces sextoys, je ne vais pas finir par ne plus en pouvoir du sexe également.

Mon train est en retard. Je maudis le ciel, qui ne fait que pleuvoir. Il fait moins dix degrés. Le quai de la gare est triste et gris, les annonces en allemand dans le haut-parleur incompréhensibles. Et pourtant j’ai fait allemand première langue, je le jure sur la tête de Boris Becker. M’assoir dans ce train et faire la sieste, engoncée dans l’ignoble gilet acheté en catastrophe à la gare pour cause de froid polaire, fut un moment de pur bonheur. Presque un orgasme. Jusqu’à ce qu’une grosse Liégeoise qui sentait légèrement les pieds ne vienne s’assoir à côté de moi dans le Thalys. Heureusement, mon voisin d’en face était marrant. Et rentrée chez moi, j’ai retrouvé mes jouets à moi, d’une taille tout à fait minime et tout à fait humaine.

Bilan de la journée 3: Zéro baise. «On t’emmène à Las Vegas l’an prochain?», m’a demandé le Chef. C’est bon, il y aura une session de rattrapage.

Commentaires

Pas très galant ce savant fou ^^

Écrit par : Alexandre | 18/10/2013

Pas de baise, mais visiblement ça restera une aventure inoubliable au royaume des sextoys ...

Écrit par : Sextoys Addict | 22/10/2013

Très bon article , un peu à l'emporte pièce , une influence germanique peut être ou la fréquentation trop prolongée de membres taille Extra.

un petit bémol , le rappel sur la période de l'occupation n'est pas franchement heureux , ça gache le propos.

Pas de petites emplettes pour usage personnel ? , la hollande a bien ses fromages et plus ...

Écrit par : Pierre | 22/10/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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