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13/01/2014

Superconnasse contre supermytho

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Je viens d’achever la lecture de deux ouvrages édifiants aux titres définitifs: La femme parfaite est une connasse* et Le super mec est un mytho*. Loin de moi l’idée de prendre au premier degré ces deux bouquins destinés à faire un cadeau pas cher et rigolo à une copine en pleine dépression post-rupture, mais il y a quand même quelque chose qui me chiffonne.

D’abord ces titres. Mis face à face, on se dit qu’on n’est pas dans la panade.

-          Salut beau gosse, tu me sembles bien super comme mec, tu serais pas un peu mytho ?

-          Bien sûr que si, et toi tu serais pas une connasse par hasard ?

Ca fait rêver.

Ensuite, le fait que ces deux livres soient clairement destinés aux femmes. Se dire qu’on n’a pas rencontré le super mec parce qu’il n’existe pas, et que nous ne sommes pas parfaites, parce que ça n’existe pas, ça rassure. Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi, alors que nous sommes cadres sup, mères de trois enfants brillamment éduqués, que nous avons couru le marathon de New York et que nous sommes parties seules en sac à dos à Kuala Lumpur, avons-nous tant besoin de nous rassurer quand il s’agit de plaire aux hommes (ou de se plaire à soi-même, l’un ne va pas sans l’autre)?

Partant du principe de base qu’une fille n’est jamais assez bien (puisqu’elle n’est pas un homme), nous traquons nos moindres failles pour expliquer notre relatif manque de chance amoureux. S’il ne m’a pas rappelée, c’est parce que j’ai couché le premier soir. S’il s’est mis en colère, c’est parce que j’ai exagéré. S’il couche avec Samantha, c’est parce que j’ai pris deux kilos. Si je l’ai largué, peut-être que dans le fond je ne l’ai pas compris. Heureusement que des petits livres sont là pour nous ôter toute cette culpabilité. Heureusement.

Sauf qu’un jour, et je rêve que ce jour advienne en 2014 mais faut pas trop en demander aux vœux de la nouvelle année non plus, ce serait bien que nous n’ayons plus besoin de ces bouquins. Que nous, les gonzesses, on arrête de se remettre en question quatorze fois par jour. Qu’on arrête de se croire responsables de tout, y compris de comprendre l’homme en face. Qu’on arrête de se trouver moche, grosse, pas aussi bien que la voisine.

Comme je n’en veux pas à ces deux livres, qui ont le mérite de nous faire sourire en des temps difficiles, je m’en vais vous donner deux bonnes raisons de les lire quand même:

1/ La théorie de la Scarlett Johansson, brillamment exposée dans La femme parfaite est une connasse: Si vous vous comportez comme un canon, on vous verra comme un canon.

2/ Vous avez rencontré Superqueutard ou Supersadique (ou les deux)? Vous verrez dans Le super mec est un mytho que non, ça n’arrive pas qu’à vous, et que oui, vous avez bien fait de le quitter (et non, vous ne lui enverrez pas un texto pathétique «Tu me manques» à 1h du mat’ et 2 grammes dans chaque bras, cf La femme parfaite…).  NB: N’attendez toutefois pas de ce livre qu’il vous évite de nouvelles mauvaises rencontres, car comme disait Confucius: «L’expérience est une bougie qui n’éclaire que celui qui la porte». De rien.

En somme, pour 2014, mesdames, mesdemoiselles, je vous souhaite de n’avoir besoin d’aucun livre de «développement personnel» ni de mode d’emploi pour être une fille heureuse. Quant aux messieurs, je leur souhaite de ne jamais jamais jamais conduire une fille à avoir besoin de ces livres.

Bonne année les connasses, bonne année les mythos.

 

*La femme parfaite est une connasse, Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard, ed. J’ai lu

Le super mec est un mytho, de Capucine Cousin, ed. Hugo Desinge.

14:23 Publié dans CULture | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Merci pour cet article !
En plus vous remettre en cause quatorze fois par jour confortera superconnard dans sa superconnarditude, car lui ne se remet pas en question pendant ce moment, et voit juste une bonne pâte bien manipulable.
Là où je n'aime pas le titre de ce livre c'est qu'il rejette la faute sur une femme. Alors que ce qui forme ces dames à être ces personnes si peu sûres d'elles, c'est l'institution patriarcale quand même...
PS: C'est rigolo, je suis tombé sur un article l'autre jour qui dressait ce constat "je me remet sans cesse en question et quelque part ça me nuit" pour les citoyens de gauche : http://blog.monolecte.fr/post/2013/11/20/Le-monde-du-travail-est-il-soluble-dans-la-gauchitude

Écrit par : Marc | 13/01/2014

Marc : merci pour ce commentaire plein de bon sens et de "tendresse" pour le sexe (soi-disant !) faible ! Et c'est vrai que la culpabilité est une plaie inutile ! Par contre, plutôt que d'incriminer l'institution patriarcale (j'entends père), sur le plan purement physique c'est quand même ces nases de créateurs qui montrent des "cintres qui marchent" qui mettent un coup au moral des femmes qui ont des... formes de femmes. Aux nanas je dirais simplement "si les mannequins avaient des jolies formes ce sont elles qu'on regarderait alors que le but des stylistes est qu'on les oublient pour ne voir que les vêtements". J'étais plus ronde étant ado. Là je fais du "40" pour 1,65m avec des formes où il faut (donc limite obèse pour nos couturiers ! hihihi !) et j'adore manger et profiter de tous les plaisirs de la vie !

Écrit par : Capucine | 17/01/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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