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04/02/2014

Education sexuelle à l’école: Qu’apprend-on vraiment aux enfants?

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C’était il y a bientôt 20 ans mais je vois encore le visage de Mme M., pimpante prof de biologie dans un collège propret de province, s’empourprer devant une classe de 4e hilare à l’évocation des mots «reproduction», «vagin», «spermatozoïdes». Je revois aussi ce moment gênant où un brave bénévole d’une association est venu expliquer aux mêmes 4e débonnaires comment et pourquoi mettre un préservatif sur une banane. En revanche, je n’ai aucun souvenir d’avoir entendu le mot «masturbation» prononcé dans l’enceinte d’une école ou qu’on m’ait un jour incitée à devenir homosexuelle. Mais les choses ont peut-être changé depuis le temps, avec ce monde qui se barre en sucette, les valeurs qui se perdent et  y a plus de saisons, ma bonne dame.

Sur le site de l’Education nationale, pas la queue d’un cours de tantrisme ou de partouze:

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Les «connaissances scientifiques», c’est le fameux cours de bio pendant lequel on a gloussé pendant une heure. Le reste, c’est de l’éducation, faite plus ou moins assidument par les collèges et lycées qui doivent normalement organiser trois séances d’éducation à la sexualité par an. C’est souvent sur l’infirmière scolaire que la responsabilité retombe: Sabrina Brahmi, infirmière à la cité scolaire Hector Berlioz de Vincennes (94) fait appel au centre de planification familiale «qui intervient une fois par an pour les 4e ou les 3e en lien avec le prof de SVT», explique-t-elle.

Et que raconte le Planning familial aux ados en pleine puberté? «Nous abordons la sexualité dans sa dimension affective, relationnelle, sociale, et pas seulement biologique ou médicale», explique Véronique Sehier, co-présidente du Planning familial. Donner une image «positive» de la sexualité et pas seulement effrayer les jeunes avec les maladies sexuellement transmissibles, l’avortement ou le viol, c’est aussi la mission de Nathalie Allier, conseillère conjugale et familiale qui intervient dans des établissements scolaires sous son étiquette de bénévole au Cler  Amour et famille, «association reconnue d’utilité publique qui œuvre pour l’épanouissement affectif et familial de toute personne, jeune ou adulte, en couple ou non». Après avoir recueilli les questions des élèves de manière anonyme, elle passe deux heures avec des groupes de filles ou de garçons pour «les rassurer» et «leur apporter des réponses claires» : «Ils se posent beaucoup de questions sur la puberté, ont très peur de ne pas être dans la norme, explique Nathalie Allier. Ils ont aussi beaucoup de questions sur la sexualité et de plus en plus sur l’homosexualité ou l’avortement sur lesquels leurs connaissances restent superficielles. On leur explique avec des mots précis, on appelle un vagin, un vagin et un pénis, un pénis. On essaye surtout de leur faire trouver eux-mêmes les réponses.» Ainsi, lorsque les filles s’interrogent sur la «nécessité» de coucher avec leur petit copain «sinon il va me quitter», Nathalie Allier leur fait prendre un peu de recul: «Souvent, elles réalisent elles même que le plus important est d’être prête.»

Dès la primaire, voire la maternelle

Les plus jeunes élèves que Nathalie Allier rencontre sont en classe de CM2. Avant, le Cler estime que «c’est de l’ordre des parents». Pourtant, l’Education nationale précise que dès l'école primaire, «les temps consacrés à l'éducation à la sexualité sont intégrés le plus possible à l'ensemble des autres contenus d'enseignement». «Ce n’est pas trop tôt si c’est adapté à l’âge de l’enfant, estime Hélène Romano, psychologue et auteur de Ecole, sexe et vidéo (ed.Dunod). En maternelle, cela peut être apprendre à respecter son corps, expliquer que l’on a des parties intimes que l’on n’expose pas.» Alors que certains parents trouvent choquant que ces sujets soient abordés avec des petits de quatre ans, Véronique Sehier, co-présidente du Planning familial, rappelle que «les petits garçons n’attendent pas les cours d’éducation à la sexualité pour se masturber!» et que dans les pays où l’éducation à la sexualité est intégrée dès le plus jeune âge dans les programmes scolaires, les taux de grossesses non désirées sont plus faibles que chez nous.

L’importance d’aborder ces thèmes tôt se justifie aussi par la vision quasi quotidienne d’images sexuelles par les jeunes, que ce soit dans les clips, sur internet ou à la télé. «Les questions que nous posent les 4e ou les 3e aujourd’hui sont celles des classes de seconde d’il y a quelques années», observe Nathalie Allier, qui constate que face à la pornographie omniprésente y compris chez les jeunes ados, il est important de donner des représentations plus réalistes de la sexualité  et d’expliquer aux jeunes qu’il faut savoir «gérer ces pulsions de vie».

En faire «des adultes responsables»

Mais est-ce vraiment à l’école d’aborder ces sujets? «Avant les années 2000, on ne parlait pas d’éducation sexuelle mais d’instruction, rappelle Claude Lelièvre, professeur d'histoire de l'éducation à l’université Paris V. C’est la circulaire ministérielle du 21 novembre 2001 qui a défini l’éducation à la sexualité comme une éducation au respect de l’autre, à l’égalité entre garçons et filles et à l’acceptation des différences.» Des «valeurs républicaines» que Paul Raoult, représentant des parents d’élèves de la FCPE, estime plus faciles à aborder dans le cadre scolaire qu’en famille: «Ca peut être beaucoup plus facile pour les enfants d’en parler avec une personne extérieure à la famille, estime-il. Sans compter que tous les parents ne sont pas forcément aptes ou peuvent être gênés.»  

Et les parents, même pleins de bonne volonté, ont eux-mêmes une vision de la sexualité très personnelle, liée à leur propre parcours, leurs convictions, leurs pratiques. Sans pour autant imposer des normes aux enfants, l’école peut leur apporter une «base» de respect et de tolérance nécessaire à la vie en société. «Plus ils seront informés, plus on en fera des adultes responsables et autonomes», estime Nathalie Allier.

Commentaires

"Ils se posent beaucoup de questions sur la puberté, ont très peur de ne pas être dans la norme"
c'est quoi la norme ?
il y a 50 ans on ne se posait pas de telles questions !
on était soi même ! point barre ........

ensuite on vivait sa vie ! drague au bal du samedi soir fiançailles mariage....
mais l'école n'était pas mixte ! ! !
nous n'étions pas tentés par des nanas top-sexy en permanence....
pour coucher on attendait ... quelques mois....

vous avez dit progrès ?????

Écrit par : totor101 | 04/02/2014

Très bien très bien.
Et maintenant, vu que vous n'avez visiblement pas toutes les sources, que pouvez vous nous dire des recommandations de l'OMS dans son rapport "Standars pour l'éducation sexuelle en Europe" de 2010, page 40, concernant les enfants de 0 à 4 ans où l'on peut trouver un tableau concernant :

"l'information de l'enfant sur :

le plaisir et la satisfaction liés au toucher de son propre corps, la masturbation enfantine précoce la découverte de son propre corps et de ses parties génitales le fait que le plaisir lié au contact physique est un aspect normal de la vie de chacun, la tendresse et le contact physique comme une expression de l’amour et de l'affection"

"permettre à l'enfant de :

devenir conscient de son identité sexuelle parler des sensations (dés)agréables dans son propre corps exprimer ses propres besoins, désirs et limites, par exemple en «jouant au docteur»"


Et je m'arrête aux premières lignes du premier tableau concernant seulement la tranche des 0-4 ans.
Maintenant que vous savez que les craintes sont fondées (une partie de ce tableau ayant été reprise par l'académie de Grenoble et mis en place dans certaines écoles en 2011) il serait également bon de pousser votre analyse pour savoir si le rôle de l'école est vraiment d'aller dans ce sens, ou bien est-ce celui des parents ?
Des rapports tombent chaque années nous informant de la baisse du niveau des élèves français dans de nombreuses matières.
Fin 2013 est tombé un rapport publié sur 20 minutes montrant qu'un élève sur 4 avait connu la violence physique et le harcèlement à l'école, entrainant échec scolaire, déscolarisation, désocialisation, phobie sociale et suicide, parfois même chez les moins de 12 ans. Chaque année des faits divers nous rapportent des bagarres et agressions finissant dramatiquement à cause d'un coup mal placé ou pire, d'une volonté délibérée de tuer.

Les vraies priorités ne sont elles pas là ?
N'est ce pas comme cela que nos enfants deviendront responsables ?

Ils pourront rajouter toutes les conneries que qu'ils veulent dans les programmes, tant que les parents ne feront pas leur travail derrière, les expériences d'apprenti sorcier leurs sauterons au visage.
Ce sont les parents adultes normalement responsables qu'il faut viser et pas les gamins.

"Donner une image «positive» de la sexualité et pas seulement effrayer les jeunes avec les maladies sexuellement transmissibles, l’avortement ou le viol, c’est aussi la mission de Nathalie Allier"

Un délire parmi d'autre, comment se fait il alors qu'on donnerait uniquement une image négative de la sexualité, que des gamines à la sortie des collèges soient habillées de manière si indécente, que mes enfants reviennent du collège et me racontent qu'un tel s'est fait mettre à poil en plein milieu de la cour, qu'un tel et une telle se sont fait attraper et coller pour avoir fait des choses qui ne sont clairement pas de l'âge de 4ème dans les toilettes, qu'une autre aurait fait des trucs devant sa webcam et que toute la cour de récréation en parlait... j'en passe et de vertes !

"En maternelle, cela peut être apprendre à respecter son corps, expliquer que l’on a des parties intimes que l’on n’expose pas."

La bonne blague ! Alors pourquoi dans les années 80, dans une école maternelle ou enseignait un ami à Reims précisément, ils ont eu une sorte de cours de découverte du corps où un enfant de chaque sexe dans la classe, si il l'acceptait heureusement, pouvait montrer son oiseau afin d'éviter que les maternelles aillent faire ça dans tous les coins de la cour de récréation ?

Mais où est la cohérence ? Une fois de plus, on joue aux apprentis sorciers, avec leurs gosses si ils veulent, pas les miens !


"L’importance d’aborder ces thèmes tôt se justifie aussi par la vision quasi quotidienne d’images sexuelles par les jeunes, que ce soit dans les clips, sur internet ou à la télé"

Et donc on agit sur les gamins en les désensibilisant le plus tot possible plutot qu'enlever les émissions de TV réalité dégueulasses à 16h30, c'est à dire l'heure ou les enfants rentrent de l'école et que les parents ne sont pas encore rentrés pour contrôler ce que font leurs enfants ?
Il y a encore quelques années à cette heure là c'était "minikeums" et compagnie avec des dessins animés, que s'est il passé pour qu’aujourd’hui ce soit des filles en bikini entrain de s'exhiber et des attardés à gros muscles entrain de rouler des mécaniques ?
Pourquoi on n'informe pas les parents de la nécessité et de la procédure à utiliser pour mettre en place un filtre sur leur ordinateur ?

On ne cherche absolument pas à traiter la cause mais les conséquences.

J'éduque mes enfants dans le respect de l'autre et la tolérance et on ne m'a jamais rapporté d'agression ou de violences de leur part. Quand ils ont des questions, ils les posent à moi ou à leur mère car nous les avons bien éduqué. Je n'ai pas envie que l'éducation nationale aille mettre en tête à mon petit dernier en grande section des question que ses deux ainés ne m'ont pas posé avant la sixième/5ème, et pourtant, un projet de loi en étude actuellement vise à restreindre l'école à domicile aux seuls cas d'enfants ayant des maladies graves.

Fort heureusement, je n'ai pas eu à subir tel lavage de cerveau, mais je me permet de reprendre une dernière phrase «Plus ils seront informés, plus on en fera des adultes responsables et autonomes». Dois je comprendre que je ne suis pas un adulte autonome ou que je l'ai été plus tard que le seront hypothétiquement mes enfants après avoir passé leur après midi à parler de cul que de faire du français et des maths ?

N'y voyez vous toujours qu'une parano d’extrême droite réac et conservatrice, un délire complotiste, ou plutôt le bon sens d'un père de famille inquiet pour ses enfants ?

Écrit par : Monsieur.L | 04/02/2014

il faut se poser la question de savoir qui ont intérêt à débrider la sexualité des enfants avant l'heure? n'est ce pas les mêmes qui veulent faire des concours de mini miss histoire de s'exciter à la vue de jeunes filles déguisées en P.P.Ne sommes nous pas à la merci d'une bande de dépravée qui ayant épuisé toutes les aberrations sexuelles veulent assouvir leur instinct diabolique sur les enfants.Nous avons eu récemment l'exemple de cet rock star écossais qui planifier de violer le bébé de sa propre compagne...et dans ce cas pas de hurlement des médias...bizarre n'est ce pas.Tout le monde sait qu'une sexualité précoce conduit à des dérangements de l'enfant,(ex.des bandes de gamins qui violent leur copine pour imiter les scènes de film ),sauf les pédo et autres malades.La sexualité des enfants c'est l'affaire des parents et non pas d'un système éducatif amoral.

Écrit par : ryan | 04/02/2014

Pourquoi aujourd'hui, avons nous encore besoin de cours d'éducation sexuelle ?
Je pense, très personnellement, que l'utilité de ces cours ne devrait résider que dans la connaissance scientifique de la sexualité car le but de l'école est, avant toute chose, un lieu d'apprentissage et non d'éducation.
Seulement, nous nous devons d'être éduqués pour vivre en société et c'est donc par le biais de l'école que l’État compense le manque d'éducation des enfants.
Ainsi, si les parents ne veulent pas que leurs enfants soient éduqués pour vivre dans notre société qui valorise le respect de l'égalité des sexes, de soi et des autres, de l'orientation sexuelle de chacun, de la transexualité et de pouvoir choisir de vouloir ou non un enfant, ils n'ont qu'à aller dans un pays où la société va en défaveur de toutes ces valeurs.

Écrit par : IciLesSaints | 04/02/2014

Vous pensez vraiment qu'il y a plus de filles dans les études supérieures que de garçon ? Renseignez-vous mieux, les études sont encore guidées par le genre, formant ainsi, un grand manque de filles dans les études scientifiques.
La violence et le harcèlement sont des problèmes globaux, ainsi réduire la différence filles/garçons et le comment doit on être, réduirait sans aucun doute le harcèlement.

Ensuite, l'inégalité des sexes est un problème d'éducation, un problème qui doit se régler dès le plus jeune âge car on ne change pas la mentalité d'un individu aussi facilement lorsque celui-ci est adulte.

Quand à ma remarque que vous qualifiez de " typique et débile ", elle est de toute logique, s'il m'arrive d'être mécontent je m'en irais ou je me tairais. Regardez un peu tous ceux qui fuient leurs pays pour venir dans un autre où la qualité de vie est supérieur, ces gens là l'ont bien fait. Seulement aujourd'hui, les gens râlent et nuisent entièrement à l'évolution de notre société, ils privent les autres de leurs droits fondamentaux. La logique veut que ces gens doivent s'adapter à la société car ils ne sont pas la majorité et s'ils ne veulent pas s'adapter alors oui, j'assume mon esprit très fermé et je dis très clairement qu'il n'ont qu'à aller dans une société qui leurs est plus appropriée plutôt que de vouloir imposer leur mode de vie qui est, de plus, beaucoup plus fermé que mon esprit.

Écrit par : IciLesSaints | 13/02/2014

@ IciLesSaints

"Ainsi, si les parents ne veulent pas que leurs enfants soient éduqués pour vivre dans notre société qui valorise le respect de l'égalité des sexes, de soi et des autres, de l'orientation sexuelle de chacun, de la transexualité et de pouvoir choisir de vouloir ou non un enfant, ils n'ont qu'à aller dans un pays où la société va en défaveur de toutes ces valeurs."

Sachez qu'aujourd'hui, il y a plus de filles dans les études supérieures que de garçons, il s'agirait ainsi peut etre de s'assurer dans un premier temps la sécurité dans les écoles ou des gamins sont harcelés et violentés plutot que de réduire les inégalités qui tendent à la baisse sans action.

Si l'on veut agir contre l'inégalité des sexes, c'est dans le monde des adultes et pas par le conditionnement psychologique des gamins.

Pour votre dernière phrase, c'est exactement la même chose que le typique et débile "la France tu l'aime ou tu la quitte" qu'on adresse souvent aux fachos.
Hé bien sachez que quand viendrez votre tour d'être mécontent, avec votre logique à deux ronds, il n'y aura plus personne pour vous défendre à votre tour, vous être votre esprit simple.

A bon entendeur.

Écrit par : Monsieur.L | 05/02/2014

Quand j'était jeune , mon Papa était chef de dépôt dans le Maine et Loire , et le jeudi soir , nous les petits ,nous allions a la douche , gars et filles , a poil , tous , et sans problème quelque qu'il soit......et jusqu'a l'age de15 ans . Mes parents étaient complices sans doute ? Non , mille fois Non ! J'ai maintenant 70 ans, pas un regret , pas de honte , et je retrouve de temps à autre, des amies et amis de l'époque, ils sont bien dans leur peau , tout simplement . Ne pas critiquer celui qui ne fait comme soit, serait un bon début ......

Écrit par : jcé | 08/02/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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