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13/02/2014

Des idées pour ne pas rester seul à la Saint-Valentin

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Si on avait la formule magique pour trouver l’âme sœur en 48h, on vous la donnerait. Faute de mieux, on vous propose quelques bons plans pour ne pas rester seul et éploré le 14 février.

Avec des romantiques

Invitation dessin Nicolas Vial.jpg14 février 2014 à 14h14: une date qu’Alexis de Maud'huy ne pouvait pas laisser passer. Cet amoureux de l’amour a lancé en août dernier Wikilove, la première encyclopédie collaborative sur l’amour, et espère rassembler tous les amoureux et contributeurs potentiels à l’occasion de la Saint Valentin. Pour une fois, la Saint Valentin ne sera pas anxiogène pour les célibataires, assure Alexis: «L’idée est de rendre hommage à toutes les différentes formes d’amour. On peut venir avec son chien, son filleul, son meilleur ami, un objet symbolique… pour une démonstration publique d’affection.»

L’encyclopédie de l’amour vise le même but: dresser un portrait bariolé de l’amour sous toutes ses formes. «L’idée n’est pas de définir l’amour mais que chacun contribue à l’illustrer avec des chansons, des vidéos, des tableaux, des textes… Par exemple, l’article sur la tendresse peut aussi bien évoquer un tableau de la Renaissance qu’une photo de chienne avec son chiot», illustre Alexis de Maud’huy. Dans ce «temple virtuel de l’amour» dont il se dit l’architecte, Alexis espère réunir des références culturelles du monde entier pour développer la curiosité et inciter les gens à se questionner sur ce qu’ils aiment et qui ils aiment. A l’exclusion du porno (parce qu’«il y en a déjà partout sur Internet»), Alexis ne met aucune limite à cette exploration du complexe sentiment amoureux: «Je considère que l’amour est partout. Le slogan du site, c’est "Spread the love", répandez l’amour».  En commençant par la «Kiss flash mob» du 14 février.

Le 14 février à 14h14, RDV en face de la Pyramide du Louvre.

Avec une coach en amour

benedicte ann.jpegPour les cœurs solitaires qui en ont marre de toujours tomber «sur des mecs qui ne veulent pas s’engager» ou sur des femmes «compliquées dans leur tête», une petite séance de coaching amoureux avec Bénédicte Ann pourrait s’avérer utile. Attention toutefois si vous êtes du genre sensible: la psy devenue coach y va franco. «Je travaille de façon un peu trash, nous explique-t-elle. Je pose des questions souvent dérangeantes aux gens, jusqu’à arriver dans leur enfance pour comprendre ce qui les a amené à revivre certaines situations.»

Lors des «cafés diagnostic amoureux», Bénédicte Ann donne un aperçu des séances de coaching personnalisé et des stages qu’elle propose (60€ la séance, 90€ la journée de stage): un «cobaye» volontaire se prête à un coaching «sauvage» pendant 15 à 20 minutes. Une sorte de psychanalyse taillée à la hache qui, d’une question choc à une autre, débroussaille les grosses problématiques de chacun. Ainsi, Michel*, 34 ans, apprendra à l’issue de ce fast-coaching que s’il s’enferme dans des relations avec des femme-enfant dépendantes de lui, c’est parce qu’il n’a pas fait le deuil de sa mère. «Je vois rapidement les situations amoureuses des gens: les costumes et les décors changent, mais les scénarios restent les mêmes», assure la coach. A l’issue du café, on s’inquiète quand même pour Michel, qui vient de se prendre dix ans de divan d’un coup dans la figure: «Je me sens plus zen, j’ai  maintenant une route à suivre alors qu’avant je souffrais sans savoir pourquoi», assure-t-il. Après le diagnostic vient le temps de l’action: la coach incite à «travailler sur le corps» («Pour travailler le masculin, il faut aller dans ses couilles», conseille-t-elle à Michel) notamment par des séances de somatothérapie, de danse, de tantra…  Bénédicte Ann vend également ses ouvrages Le prochain c'est le bon! (Albin Michel 2011) et Autodiagnostic amoureux (Editions de l'Homme 2012) à l’issue des rencontres.

Café diagnostic amoureux, entrée libre, le 13 février à 19h30 au Bistro Saint-Antoine, 58 rue du Faubourg Saint-Antoine (12e arrdt).

Avec un portefeuille bien garni

bekeley.jpgL’amour échevelé, c’est mignon, mais ça ne se mange pas en salade. Pour celles et ceux qui cherchent un compagnon au portefeuille bien rempli, une inscription chez Berkeley International devrait leur permettre de trouver la perle rare. Cette agence de rencontres de luxe s’est spécialisée dans les clients fortunés: l’adhésion coûte 10.000 euros par an pour une recherche nationale, 50.000 pour se voir proposer des rencontres dans le monde entier. «Il n’y a pas de profil type, assure Inga Verbeeck, directrice de la branche européenne de Berkeley. Nous avons parmi nos clients des médecins, des artistes, des avocats, des PDG…  Le seul critère de sélection est leur volonté de trouver une relation sérieuse.»

Après une première rencontre pour définir les attentes du client, les agents de Berkeley lui proposent des rencontres qui aboutissent dans 80% des cas à une relation «longue», assure Inga Verbeeck. «Nous mettons en relation des gens qui ont les mêmes styles de vie et souhaits pour le futur, par exemple vouloir des enfants ou pas. Ensuite, les trois premières rencontres sont organisées volontairement avec  des personnes assez différentes pour bien cerner ce que le client veut vraiment.»Parmi ses clients, Inga compte aussi quelques célébrités, qui «cherchent quelque chose d’authentique et pas quelqu’un qui n’est intéressé que par leur image ou leur argent».

Andrew*, 45 ans, a fait appel à Berkeley pour rebondir à la fin d’une relation longue: «Sur la plupart des sites de rencontres, il y a toutes sortes de gens, c’est comme arriver à la gare du Nord le matin! J’avais plutôt envie de rencontrer quelqu’un qui a réussi dans sa vie professionnelle.» Ce cadre d’origine britannique, travaillant dans le juridique, n’a pas encore rencontré la femme de sa vie mais a eu des rendez-vous avec «deux ou trois personnes assez connues, très intéressantes, dont une actrice» et n’a «jamais passé un moment désagréable»: «Berkeley fait déjà un tri et on peut être sûr que les gens que l’on rencontre sont sur la même longueur d’ondes que nous», assure-t-il.

Avec 5.000 clients dans le monde, 3.000 en Europe et environ 700 en France, Berkeley espère séduire les élites françaises trop occupées à courir les boards d’actionnaires et à sauter d’un avion à l’autre pour rencontrer l’amour. Si vous avez 10.000 euros dont  vous ne savez que faire, voilà certainement un bon investissement pour l’avenir.

Berkeley International – Paris, 38 Avenue Hoche (8e arrdt), 01 82 88 27 15

Avec un flemmard

sexysurprises.jpgCoup de théâtre: la rencontre inespérée de la Saint Valentin a eu lieu. Mais le lendemain matin, c’est le drame: pas le moindre cadeau, bouquet de fleurs ou petit-déj préparé avec amour à offrir au nouvel élu de votre cœur. En plus, il pleut. Les love-store Passage du désir vont vous rattraper le coup: en partenariat avec les livreurs «runners» de tok tok tok, ils vous proposent de vous faire livrer à domicile, en moins d’une heure, un coffret contenant des accessoires sexy, des bougies et huiles de massage et des jeux coquins. Des fleurs, du champagne, un brunch ou une choucroute peuvent aussi être apportés sur le palier de votre porte par les valeureux livreurs de tok tok tok, dont vous pourrez sadiquement suivre la progression sous la pluie battante du petit matin via votre smartphone. Et si votre conquête de la veille est déjà partie lorsque le livreur arrive, vous pourrez toujours lui proposer de venir se mettre au sec quelques minutes chez vous…

Coffret «Grasse mat’ coquine» ou «Sieste crapuleuse» à commander sur www.passagedudesir.fr du 14 au 16 février, 49€ + frais de livraison à Paris et petite couronne.


*Les prénoms ont été modifiés

05/02/2014

«Les caresses c'est ce qui reste quand on a tout oublié!»

Les plus belles caresses d'amour 3D.jpg

Il a 81 ans «et demi» précise-t-il en vous regardant de son œil bleu et vif. Sa poignée de main est douce, comme une caresse. Pas étonnant de la part de Gérard Leleu, médecin, sexologue, mais surtout militant pour la réhabilitation de la caresse: depuis Le traité des caresses, paru en 1983 et vendu à plus d’un million d’exemplaires, il sort régulièrement des ouvrages traitant de l’art de caresser son partenaire et donne des conférences, dont la prochaine a lieu le jeudi 6 février, au Café du Pont neuf à Paris. Gérard Leleu est venu caresser Tout SEXplique pour présenter son nouvel ouvrage Les plus belles caresses d’amour (éd. L’Instant Cupcake).

Vous liez beaucoup votre passion pour la caresse au féminin, aux désirs de caresse des femmes. Les hommes n'aimeraient donc pas ça?

Les deux sexes sont égaux devant le toucher, nous avons les mêmes terminaisons nerveuses, mais chez l’homme existe une peur culturelle des caresses. Celui qui est tendre est taxé de mou, la virilité n’est pas associée à la tendresse. Au contraire, les femmes, notamment par la maternité, sont plus autorisées à caresser, à être douces. Même si les hommes acceptent de plus en plus leur part féminine, leur désir plus prégnant, plus urgent, qui se traduit par l’érection implique le passage à l’acte. On n’a pas le temps de faire dans la «bagatelle».

Peut-on apprendre à caresser?

Pas vraiment. Il faut simplement écouter ses souvenirs, son instinct. Les caresses c’est ce qui reste quand on a tout oublié! Mes livres ne donnent pas de mode d’emploi mais simplement des idées et de l’audace.

Vous insistez sur le fait que les caresses ne sont pas seulement des préliminaires

Non. Les caresses au niveau de la peau ne sont pas les seules, je parle aussi de la caresse intérieure. Les hommes doivent apprendre à caresser le clitoris, mais la caresse du vagin est très importante. 70% des femmes ne ressentent rien pendant la pénétration, or la caresse par les doigts peut permettre de donner du plaisir et de réveiller la «belle au bois dormant» qu’est le vagin. Il faut savoir qu’il est constellé de points qui peuvent provoquer un orgasme, il n’y a pas que le point G.

Et les femmes, se débrouillent-elles forcément mieux avec leurs partenaires?

Pas toujours, notamment en ce qui concerne la caresse des bourses et du pénis. Je leur explique aussi souvent que la fellation, qui est la caresse donnée par la bouche au pénis, le va-et-vient sur le gland est amélioré par un mouvement de la main à la base de la verge. Là, l’homme atteint le maximum de volupté.

Mais il n’y a pas que les caresses des organes sexuels qui comptent?

Le plaisir est plus ou moins important selon les endroits du corps, mais parfois on peut atteindre une volupté digne d’un orgasme en caressant certaines zones. Par exemple, les fossettes en dessous de la nuque sont toujours très agréables à stimuler, comme tous les plis (intérieur du coude, derrière les genoux…) Mais je le répète, il n’y a pas de mode d’emploi, ce n’est jamais pareil pour tout le monde et il faut développer son attention et sa fascination pour l’autre pour découvrir ce qui lui plaît.  

17:22 Publié dans CULture | Lien permanent | Commentaires (1)

04/02/2014

Education sexuelle à l’école: Qu’apprend-on vraiment aux enfants?

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C’était il y a bientôt 20 ans mais je vois encore le visage de Mme M., pimpante prof de biologie dans un collège propret de province, s’empourprer devant une classe de 4e hilare à l’évocation des mots «reproduction», «vagin», «spermatozoïdes». Je revois aussi ce moment gênant où un brave bénévole d’une association est venu expliquer aux mêmes 4e débonnaires comment et pourquoi mettre un préservatif sur une banane. En revanche, je n’ai aucun souvenir d’avoir entendu le mot «masturbation» prononcé dans l’enceinte d’une école ou qu’on m’ait un jour incitée à devenir homosexuelle. Mais les choses ont peut-être changé depuis le temps, avec ce monde qui se barre en sucette, les valeurs qui se perdent et  y a plus de saisons, ma bonne dame.

Sur le site de l’Education nationale, pas la queue d’un cours de tantrisme ou de partouze:

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Les «connaissances scientifiques», c’est le fameux cours de bio pendant lequel on a gloussé pendant une heure. Le reste, c’est de l’éducation, faite plus ou moins assidument par les collèges et lycées qui doivent normalement organiser trois séances d’éducation à la sexualité par an. C’est souvent sur l’infirmière scolaire que la responsabilité retombe: Sabrina Brahmi, infirmière à la cité scolaire Hector Berlioz de Vincennes (94) fait appel au centre de planification familiale «qui intervient une fois par an pour les 4e ou les 3e en lien avec le prof de SVT», explique-t-elle.

Et que raconte le Planning familial aux ados en pleine puberté? «Nous abordons la sexualité dans sa dimension affective, relationnelle, sociale, et pas seulement biologique ou médicale», explique Véronique Sehier, co-présidente du Planning familial. Donner une image «positive» de la sexualité et pas seulement effrayer les jeunes avec les maladies sexuellement transmissibles, l’avortement ou le viol, c’est aussi la mission de Nathalie Allier, conseillère conjugale et familiale qui intervient dans des établissements scolaires sous son étiquette de bénévole au Cler  Amour et famille, «association reconnue d’utilité publique qui œuvre pour l’épanouissement affectif et familial de toute personne, jeune ou adulte, en couple ou non». Après avoir recueilli les questions des élèves de manière anonyme, elle passe deux heures avec des groupes de filles ou de garçons pour «les rassurer» et «leur apporter des réponses claires» : «Ils se posent beaucoup de questions sur la puberté, ont très peur de ne pas être dans la norme, explique Nathalie Allier. Ils ont aussi beaucoup de questions sur la sexualité et de plus en plus sur l’homosexualité ou l’avortement sur lesquels leurs connaissances restent superficielles. On leur explique avec des mots précis, on appelle un vagin, un vagin et un pénis, un pénis. On essaye surtout de leur faire trouver eux-mêmes les réponses.» Ainsi, lorsque les filles s’interrogent sur la «nécessité» de coucher avec leur petit copain «sinon il va me quitter», Nathalie Allier leur fait prendre un peu de recul: «Souvent, elles réalisent elles même que le plus important est d’être prête.»

Dès la primaire, voire la maternelle

Les plus jeunes élèves que Nathalie Allier rencontre sont en classe de CM2. Avant, le Cler estime que «c’est de l’ordre des parents». Pourtant, l’Education nationale précise que dès l'école primaire, «les temps consacrés à l'éducation à la sexualité sont intégrés le plus possible à l'ensemble des autres contenus d'enseignement». «Ce n’est pas trop tôt si c’est adapté à l’âge de l’enfant, estime Hélène Romano, psychologue et auteur de Ecole, sexe et vidéo (ed.Dunod). En maternelle, cela peut être apprendre à respecter son corps, expliquer que l’on a des parties intimes que l’on n’expose pas.» Alors que certains parents trouvent choquant que ces sujets soient abordés avec des petits de quatre ans, Véronique Sehier, co-présidente du Planning familial, rappelle que «les petits garçons n’attendent pas les cours d’éducation à la sexualité pour se masturber!» et que dans les pays où l’éducation à la sexualité est intégrée dès le plus jeune âge dans les programmes scolaires, les taux de grossesses non désirées sont plus faibles que chez nous.

L’importance d’aborder ces thèmes tôt se justifie aussi par la vision quasi quotidienne d’images sexuelles par les jeunes, que ce soit dans les clips, sur internet ou à la télé. «Les questions que nous posent les 4e ou les 3e aujourd’hui sont celles des classes de seconde d’il y a quelques années», observe Nathalie Allier, qui constate que face à la pornographie omniprésente y compris chez les jeunes ados, il est important de donner des représentations plus réalistes de la sexualité  et d’expliquer aux jeunes qu’il faut savoir «gérer ces pulsions de vie».

En faire «des adultes responsables»

Mais est-ce vraiment à l’école d’aborder ces sujets? «Avant les années 2000, on ne parlait pas d’éducation sexuelle mais d’instruction, rappelle Claude Lelièvre, professeur d'histoire de l'éducation à l’université Paris V. C’est la circulaire ministérielle du 21 novembre 2001 qui a défini l’éducation à la sexualité comme une éducation au respect de l’autre, à l’égalité entre garçons et filles et à l’acceptation des différences.» Des «valeurs républicaines» que Paul Raoult, représentant des parents d’élèves de la FCPE, estime plus faciles à aborder dans le cadre scolaire qu’en famille: «Ca peut être beaucoup plus facile pour les enfants d’en parler avec une personne extérieure à la famille, estime-il. Sans compter que tous les parents ne sont pas forcément aptes ou peuvent être gênés.»  

Et les parents, même pleins de bonne volonté, ont eux-mêmes une vision de la sexualité très personnelle, liée à leur propre parcours, leurs convictions, leurs pratiques. Sans pour autant imposer des normes aux enfants, l’école peut leur apporter une «base» de respect et de tolérance nécessaire à la vie en société. «Plus ils seront informés, plus on en fera des adultes responsables et autonomes», estime Nathalie Allier.

 
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