Avertir le modérateur

28/03/2014

Et si les femmes (aussi) étaient des animaux?

index.jpg


Dans Que veulent les femmes?, le journaliste du New York Times Daniel Bergner bat en brèche les préjugés sur la libido féminine…

Les femmes ont besoin de tendresse, les hommes sautent sur tout ce qui bouge. Les femmes sont fidèles par nature, les hommes sont d’inguérissables queutards. Certains chercheurs, démonstrations scientifiques à l’appui, affirment que la nature a ainsi conçu la répartition des rôles entre le masculin et le féminin. Mais entre l’inné et l’acquis, la frontière est floue, surtout en ce qui concerne la libido féminine.

La fidélité féminine, «un conte de fées»

Le journaliste américain Daniel Bergner  a jeté un clitoris dans la mare de sperme de la recherche en sexologie: d’après les scientifiques qu’il a interrogés, les femmes ne sont pas naturellement plus enclines que les hommes à avoir une libido «sage», bien au contraire. «La libido féminine – dans sa diversité et sa puissance inhérente – constitue une force sous-estimée et muselée, même de nos jours, dans une société saturée de sexualité», écrit-il dans Que veulent les femmes, tout juste traduit en français (ed.Hugo Doc). Selon lui, «une de nos hypothèses les plus rassurantes, surtout pour les hommes mais bien partagée par les deux sexes, selon laquelle l’érotisme féminin est bien plus adapté à la monogamie que la libido masculine, n’est rien d’autre qu’un conte de fées».

Il en veut pour preuve les expériences de la sexologue Meredith Chivers : confrontées à plusieurs images sexuelles, les femmes se sont toutes révélées excitées, qu’il s’agisse d’images de bonobos en rut ou de femmes se masturbant. Une sexualité «omnivore» caractériserait donc plus les femmes que les hommes, bien plus strictement émoustillés par des images correspondant uniquement à leurs penchants sexuels. Les femmes sont aussi très excitées par les images d’inconnus alors qu’on leur attribue un besoin de tendresse ou de complicité pour avoir du désir. Cette idée a été appuyée par la théorie de «l’investissement parental»: les femmes « mobilisent leurs ovules et leur corps tout entier» dans la reproduction, «prennent la responsabilité et les risques de la grossesse et de l’accouchement» puis «se dévouent à l’allaitement», donc «économiquement parlant» tous ces investissements justifient un «discernement dans le choix du partenaire» qui ne les pousse pas au batifolage.

La trouille darwinienne: «Nous allons tous être cocus»

Pourtant, les femmes modernes, même dotées d’un cerveau reptilien, regardent du porno et achètent des sextoys. Pourtant, les guenons et les rates étudiées par les scientifiques sont 99% du temps les initiatrices de la rencontre sexuelle. Il semblerait donc que la nature ne cantonne pas les femmes au rôle de maman prudente que l’on veut bien leur attribuer. «Pourquoi avons-nous enfermé à double tour la sexualité des femmes?, s’interroge le psychologue Jim Pfaus. Pourquoi maintenons-nous le désir des femmes sous une chape de plomb? Les hommes ont peur: si cette boite s’ouvre, si nous perdons le contrôle, nous allons tous être cocus.» Et qui dit cocus dit, pour notre espèce darwinienne, non assurés que la progéniture est bien porteuse de leurs gènes. Ce seraient donc plutôt les hommes qui assureraient leur descendance en enfermant leurs femmes dans une monogamie rassurante pour leur lignée génétique.

En observant les fantasmes des femmes, de nombreux chercheurs ont montré que le fait d’être ardemment désirée par un homme, d’être choisie, excitait considérablement la gent féminine. Etre l’élue, courtisée, séduite. Pour Daniel Bergner, entre ce fantasme féminin et la libido agressive des guenons étudiées, il y a un «gouffre insondable» que «seule la culture explique». Si les femmes n’avaient pas vu leur sexualité réprimée par la religion, si les organes sexuels féminins n’étaient pas si méconnus (le point G est toujours un «mystère» et la description du clitoris très récente) et si la peur de «passer pour une pute» n’existait pas, il y a fort à parier que les femmes iraient plutôt chercher une multiplicité de partenaires pour augmenter leurs chances de reproduction, sauraient atteindre l’orgasme pour que les contractions du vagin favorisent la remontée du sperme vers les ovaires et prendraient plus facilement les devants avec les hommes. Et peut-être que chienne ou cougar ne seraient plus des insultes ou des moqueries, mais la simple expression d’une animalité qui n’a rien d’honteux.    

11/03/2014

Les pionniers de l’orgasme

 

mastersofsex.jpg

Ce sont un peu les Pierre et Marie Curie du sexe: William Masters et Virginia Johnson ont découvert l’orgasme. Ou presque: ils ont consacré leur carrière à explorer la «réponse sexuelle» humaine, où comment notre corps entier, nos muscles, notre cœur, notre cerveau, réagissent à l’excitation sexuelle?

Dans l’Amérique puritaine des années 1950, il fallait une bonne dose de courage et d’audace pour se lancer dans une étude sur la sexualité. Malgré les réticences de ses confrères, le docteur William Masters, célèbre gynécologue-obstétricien réputé pour avoir résolu de nombreux problèmes de stérilité, se lance en 1956, à l’hôpital de Saint-Louis dans le Missouri, dans une étude inédite sur la sexualité humaine. Epaulé par sa charmante assistante Virginia Johnson, qui deviendra son épouse quelques années après le début de l’étude, Masters recueillera des centaines de témoignages et de données statistiques sur la réponse sexuelle humaine. Ses outils: des électrocardiogrammes, des sondes, des vibromasseurs équipés de caméras et surtout des «cobayes» volontaires pour se masturber ou faire l’amour reliés à des appareils de mesure divers et variés.

)

L’étude Masters&Johnson reste aujourd'hui une référence dans le domaine de la sexologie. Les données statistiques recueillies ont permis de donner le premier état des lieux de la vie sexuelle des Américains et a ouvert la voie à d’autres études dans les pays occidentaux. Ils ont été les premiers à estimer que la sexualité était un domaine d’étude médical comme un autre et que la morale n’avait rien à voir avec la santé. C’est aussi à eux que l’on doit la première description des quatre phases du cycle sexuel: excitation, plateau, orgasme, résolution. En images, on comprend mieux:

1/l'excitation

excitation.gif

2/ le plateau

plateau.gif

3/l’orgasme

orgasme.gif

4/la résolution

resolution.gif

Travailler pour la science dans un bordel, recueillir des données scientifiques en observant des gens se donner du plaisir… Une telle aventure valait bien une série: Masters of sex (qui sort en DVD le 13 mars) retrace les péripéties de William Masters, anti-héros guindé dans sa blouse blanche (qui réussit l’exploit d’être quand même un peu sexy), et de Virginia Johnson, femme indépendante, entêtée et moderne, la seule à pouvoir délier les langues des femmes qui subissaient encore, plus qu’elles n’en étaient actrices, leur vie sexuelle. Romancée mais basée sur la véritable histoire de ces deux pionniers de la sexologie, Masters of sex nous ramène à un temps, pas si lointain, où les corps étaient des énigmes et le sexe tabou. Un hommage à ceux qui ont osé mettre leur carrière en jeu pour que femmes et hommes comprennent mieux cet «élan vital» qui transforme corps et esprits. 

Masters of sex, intégrale de la saison 1. En DVD chez SPHE. 34,99€.


16:15 Publié dans CULture | Lien permanent | Commentaires (0)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu