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26/05/2014

J’ai testé devenir un garçon pour une heure

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J’aimerais bien être un homme une fois dans ma vie. Comme toutes les filles, j’ai déjà pensé qu’avoir un pénis, des mains poilues et une grosse voix me permettrait de mieux comprendre nos mystérieux amis les hommes. Telle Diane, je me disais que si j’étais un homme je serais capitaine d’un bateau vert et blanc, du XV de France ou de la brigade des mœurs.

«Why be a man when you can be a king?» La voix de stentor de Louise de Ville met fin au «papoter de poules» de la vingtaine de filles réunies ce samedi soir dans un bar tamisé du 9e arrondissement. La jeune femme, performeuse burlesque, comédienne, militante féministe et queer, est méconnaissable: costume trois pièces, rouflaquettes et larges lunettes de vue transforment son fin visage en belle gueule de mec. Et c’est à ça que nous devrons arriver, toutes, dans deux heures.

Pour cet atelier «drag king», organisé par le Cabinet de curiosité féminine,  il fallait venir avec des vêtements masculins. J’ai demandé à l’homme le mieux habillé que je connaisse de me prêter une tenue basique mais chic: costume noir, chemise blanche. Le garçon a beau être svelte, j’ai l’air de Chéri j’ai rétréci les gosses dans la veste. Une des miennes fera l’affaire. En revanche, mon cul de gonzesse se plaît finalement plutôt bien dans un pantalon pour fesses plates. Je commence à me sentir un peu plus masculine.

mesboobs.jpgLa prochaine étape de la transformation va nous mettre tous boobs à l’air: pour le premier des «trois B», le «binding», nous nous enroulons mutuellement dans des bandes médicales pour «tirer les mamelles sous les aisselles». « Moi j’ai de la chance, j’ai pas de seins», me dit ma coéquipière. La revanche des planches à pain, enfin. 

Vient ensuite le «deuxième B» tant attendu: la bite. Enfilant du coton dans un bas nylon, mes voisines de table se marrent: «Moi j’ai envie de voir ce que ça fait d’avoir une grosse bite», «- Regarde, elle est bien la mienne  -Ca y est, t’es devenue un mec, t’aimes ta bite!» «Oh, elle est bien celle-là, l’espace d’un instant j’ai eu envie de la mettre dans ma bouche». Le pénis, source intarissable et universelle de rigolade. Le mien est un peu petit mais une fois glissé dans le pantalon, il suffit à me faire ressentir une démarche un peu différente.

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Mais c’est le «troisième B» qui va tout changer: la barbe. Avec du mascara, du crayon et des poils à coller sur le visage, nous nous fabriquons une belle pilosité.

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Contre toute attente, avoir des poils sur le visage est mille fois plus perturbant que d’avoir une bite. Peut-être parce que nous, les filles, passons notre vie à le traquer, le poil. Peut-être parce que c’est le visage, ce qui nous définit le plus. Peut-être parce que je crois voir une photo de mon grand-père en 1950 en me regardant dans la glace. Bref, je suis troublée.

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«Maintenant qu’on est tout poilu et avec une bite, on fait quoi?», enchaîne Louise de Ville. Et bien on marche, l’allure bien droite, sans se pousser pour laisser passer les gens, le bassin en avant et les épaules en arrière. On se serre la main, d’un geste qui vient de l’épaule et pas du poignet. On s’assoit en écartant les jambes pour bien laisser la place à notre nouvel ami le zizi de s’étaler. On boit un verre en prenant garde de bien le saisir avec tous les doigts de la main. On se salue en baissant notre douce voix d’un ton. «Sur de simples gestes, on projette la sexualité des gens», nous dit Louise, illustrant son propos par le petit doigt en l’air en buvant. La biscotte, évidemment.

 

Un peu caricatural, tout ça, non? «Je ne réduis pas les hommes à ces attitudes, corrige Louise de Ville. Il s’agit de tester un extrême pour s’apercevoir du peu de différences qu’il y a entre nous finalement: nous sommes tous contraints par des codes, masculins ou féminins. Dire que les restrictions selon le genre affectent tout le monde est pour moi une manière d’être féministe. L’objectif de cette expérience est d’arriver à un peu plus de liberté pour tout le monde.»

Liberté pour Amélie*, 24 ans, venue pour perfectionner son personnage masculin qu’elle endosse un jour sur deux, quand elle le sent, quand son petit ami ne voit pas d’inconvénient à aller en soirée avec elle/lui. Liberté pour Sandra, la petite trentaine, d’aller voir «de l’autre côté du spectre» pour mieux travailler sa féminité en talons aiguilles. Liberté pour toutes de venir principalement pour s'amuser, pour voir, comme des enfants qui joueraient à se déguiser. «Mon mari m’a dit de ne pas revenir habillée en homme, que ça allait le dégoûter, me confie Emmanuelle. Mais ma fille de cinq ans veut me voir en garçon, ça l’amuse beaucoup!» Liberté enfin pour moi de repartir aussi fille que j’étais arrivée, peut-être même un peu plus. J’ai envie de mettre des robes légères et du vernis à ongles. Moi si j’étais un homme, je serais romantique.

Prochain atelier le 11 juillet, inscriptions sur le site du Cabinet de curiosité féminine.

*Les prénoms ont été modifiés

22/05/2014

On a testé la réunion sextoys pour hommes

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«On n’a pas l’air un peu con, avec ça sur la bite?»: étalés sur la table de réunion de la rédaction, les sextoys roses, vibrants ou en forme de «serpent qui a mangé des pierres» n’en finissent pas de susciter les blagues de mes cinq valeureux collègues qui ont accepté de tester les «Ma chérie party». Ava, l’animatrice de la réunion et salariée de la marque de sextoys Fun Factory, en explique le principe: des réunions sextoys entre hommes pour qu’ils comprennent mieux comment fonctionne leur chérie et, si possible, qu’ils se laissent tenter par l’achat d’un jouet, de lingerie ou d’une crème à paillettes pour les fesses.

Les petits bolides et les deux chevaux

«Moi, je sais pas tout», avoue d’emblée S., le plus jeune de la bande. Les autres admettent silencieusement qu’ils ont certainement des choses à apprendre sur la sexualité féminine. «Les hommes ont une sexualité open-bar puisqu’ils ont un accès direct à leur sexe, tandis que les femmes ont tout en interne, à l’exception du clitoris», commence Ava. «C’est pour ça que les sextoys peuvent être un outil formidable de découverte», poursuit-elle, comparant les filles à des Dora l’exploratrice en string.

Menottés, se léchant les mains pour goûter des crèmes, mes cinq cobayes restent attentifs malgré les blagues qui fusent. Par exemple, quand Ava explique où se situe le point G en représentant le clitoris avec ses mains, les regards sont captivés. Un léger flottement de soulagement caresse l’assemblée lorsqu’elle rappelle que le vagin ne fait «que» 11 centimètres de longueur. La question de la taille est éludée, on peut passer aux choses sérieuses: «Nous allons voir comment on peut mettre en phase les petits bolides que vous êtes avec les deux chevaux que sont les femmes».

«J’aurais du mal à me rentrer un dauphin»

Bougies, lingerie, scénarios,… Tout est bon pour que madame «soit à fleur de peau», y compris les sextoys. «On peut parfois se sentir remplacé», lance Ava aux membres virils autour de la table. «Oui», acquiescent-ils en chœur, imaginant qu’un bon godemiché peut faire office de boyfriend. On rassure tout de suite nos garçons: un sextoy ne remplacera jamais au grand jamais la douce chaleur d’un torse velu et les attentions d’un être chéri. Mais il peut devenir «un compagnon du couple» et pas «un amant, ni un concurrent», retient R.  L’idée par exemple de punir/récompenser sa copine en sortant ou non le petit jouet plait particulièrement à B., tandis que la forme de certains sextoys interroge J.: «Si j’étais une fille, j’aurais du mal à me rentrer un dauphin», nous dit-il. Pourtant, ce sont ces derniers que les femmes préfèrent: révélateur du rapport à la sexualité, très direct pour les hommes, plus sinueux pour les femmes qui trouvent trop vulgaire l’idée d’utiliser un gode ressemblant à une bite.

A la sortie de la réunion, nos garçons disent avoir appris quelques trucs: l’absence de zone érogène anale chez les femmes, l’utilité des boules de geisha, ou encore que «le plaisir féminin ne dépend pas de l’égo masculin». N. pense que ces réunions sont utiles «notamment pour les mecs plus vieux ou moins éduqués à la chose qui savent vraiment pas grand-chose du plaisir féminin. Car ne rêvons pas, tous les hommes n’ont pas ma connaissance de la chose». Tous admettent avoir été «décomplexés» sur l’utilisation des sextoys et malgré le discours forcément commercial ont apprécié la décontraction instaurée par Ava. «Il faudrait rendre ces séances obligatoires pour tous les salariés. Ca détendrait tout le monde», conclut B.

21/05/2014

«Célibattant», le webzine qui drague les lecteurs solitaires

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On pensait que le mot «célibattant» était tombé en désuétude avec la sortie du deuxième tome de Bridget Jones. Mais faute de pouvoir dire simplement «célibataire» sans que cela rime avec misère, le mot est resté le seul apte à décrire une personne qui vit seule mais pour qui, tout simplement, ça va bien.

Selon le webzine www.celibattant.com, créé en décembre dernier et qui leur est dédié, un «célibattant» est un célibataire «épanoui, combatif et qui entend profiter de sa liberté». La fondatrice du site, Paola Scemama-Ittah, a voulu combler un manque d’informations pour les quelques 17 millions de célibataires français: «Quand on tape «célibataire» sur Google, on ne tombe que sur des sites de rencontre, explique-t-elle. Il n’y a pas de sites pour les célibataires qui ont tout pour eux et souhaitent juste avoir des conseils psychologiques, financiers,  juridiques adaptés à leur situation.»

De l’optimisation fiscale aux tagliatelles au saumon

Sur le site, des articles pour ces célibattants traitent de tous les sujets: des conseils de sorties avec les enfants pour les parents célibs, des articles psy pour être un célibataire heureux, des analyses sexo sur les sex-friends, mais aussi comment alléger sa feuille d’impôt et la recette des tagliatelles au saumon sauce citron pour une personne. «Tout le monde peut trouver quelque chose qui l’intéresse sur le site, précise Paola Scemama-Ittah. Mais nous avons choisi de nous adresser en particulier aux célibataires car on avait auparavant plutôt tendance à les exclure. Nous voulons dédramatiser le célibat et montrer que ça peut être une période vraiment sympa.»

Pour le sociologue de l’internet et du couple Pascal Lardellier, les célibataires ne sont pas une minorité à laquelle il faudrait spécifiquement s’adresser, mais plutôt une «majorité inorganisée»: «Dans les grandes villes comme Paris, quasiment un appartement sur deux est occupé par une personne seule. Un mariage sur trois en province et un mariage sur deux à Paris finissent par un divorce. Les célibataires ne sont donc pas minoritaires et doivent arriver à se fédérer pour partager leurs expériences, s’organiser en communauté voire en lobby pour faire valoir leurs droits», estime le sociologue.

Ne plus être pénalisé fiscalement, ne plus payer de supplément single pour les vacances, connaître les bons plans sorties ou trouver des idées de week-ends en solo, les célibataires pourraient valoriser ce statut plutôt que de se sentir un peu honteux. «Célibataires de tous les pays, unissez-vous», rit le sociologue, qui souligne que dans notre société «le cadre normatif reste encore le couple et le célibataire n’existe que dans un statut transitoire»: «Le célibataire est quand même encore un peu étrange», estime Pascal Lardellier. 

 
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