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03/06/2014

Scientifique cherche femmes pour orgasmes intenses

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La recherche scientifique, ce n’est pas toujours bandant. Mais là, deux sexologues français vont vous réconcilier avec les courbes et les statistiques: Marie-Noëlle Lanuit et Jean-Claude Piquart se sont lancés dans une grande enquête sur l’orgasme. Leur objectif: mieux définir l’orgasme, avec des données chiffrées sur les réactions physiologiques. «Dans le dictionnaire, on lit que l’orgasme est le "point culminant du plaisir sexuel": ça ne veut rien dire, s’exclame Jean-Claude Piquart. Chaque femme a sa propre définition de ce point culminant».

Une définition par femme et une définition par type d’orgasme : difficile de résumer ce summum du plaisir en une seule phrase. Faute de mots, Jean-Claude Piquart va mettre des chiffres sur le plaisir: «Je reprends comme hypothèse de travail les découvertes de Masters et Johnson, selon lesquelles l’orgasme correspond à un orage du système nerveux orthosympathique.» Accélération du rythme cardiaque, contractions musculaires, pertes de connaissance… Tous les orgasmes ont des points communs mais ils ne sont pas similaires: «Si l’orgasme clitoridien est l’homologue de celui de l’homme, que dire de l’orgasme vaginal, beaucoup plus long?, s’interroge le sexologue. Certains décrivent des phénomènes de ralentissement de l’activité cérébrale plus proche de la méditation dans l’orgasme vaginal, tandis que l’orgasme clitoridien serait plus proche de la crise d’épilepsie.»

Faire progresser la connaissance du plaisir féminin

Sans hiérarchiser ou assimiler les deux types d’orgasme, Jean-Claude Piquart part du postulat que ce sont deux phénomènes différents. Pour le prouver, les sexologues font appel aux bonnes volontés: «Nous demandons aux participants à l’enquête de s’équiper d’un cardiofréquence-mètre afin de mesurer leur rythme cardiaque pendant l’orgasme. Il suffit d’une ceinture à poser sous la poitrine ou d’un bracelet-montre», explique le sexologue. Lancée en avril, l’enquête a pour l’instant recruté une soixantaine de participants mais les trois quart sont des hommes. «Nous cherchons encore des femmes, le minimum pour une enquête scientifique serait de 300 participants, nous espérons arriver à 3.000.»

Certes, il vous faudra vous équiper vous-même d’un cardiofréquence-mètre et vous interrompre en pleins ébats pour noter vos données physiologiques. Mais participer à l’étude pourrait permettre de changer la conception du plaisir féminin: «On connaît très peu de choses sur le plaisir féminin car sous l’influence puritaine américaine, la recherche en sexologie a été victime de la dernière grande vague d’obscurantisme sexuel des années 1960. J’estime que le moteur de la répression sexuelle est la pensée nataliste: il fallait réduire la sexualité à la seule pénétration et interdire toute activité sexuelle alternative, qui pouvait être utilisée comme moyen de contraception.» Jean-Claude Piquart demande donc aujourd’hui aux Françaises de prendre leur pied pour le bien commun: «Ces recherches pourraient avoir des répercussions sur le traitement des femmes qui ont des grosses difficultés à arriver à l’orgasme», précise le sexologue.

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