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29/09/2014

Ils ont des centaines d’orgasmes par jour: Comment prendre son pied peut devenir un enfer

 

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Ca peut arriver à tout moment, en faisant les courses, en allant au boulot, en se séchant les cheveux… Pour les malades atteints du syndrome d’excitation génitale persistante (SEGP), l’orgasme n’est pas un vraiment un bon moment. La semaine dernière, une vidéo apparue dans les médias britanniques a fait le tour du web: on y voit Dale Decker, un Américain de 37 ans, s’attraper des triques d’enfer et éjaculer sans aucune stimulation externe. La douleur se lit sur le visage du pauvre homme. 

Pour Dale, le cauchemar a commencé à cause d’un accident qui lui a déplacé un disque intervertébral. «J’ai eu 5 orgasmes en allant à l’hôpital et ensuite, ça n’a jamais cessé», explique-t-il. Pour le sexologue Jean-Claude Piquard, le lien entre sa blessure et les symptômes sont clairs: «On sait que dans la moelle épinière, un petit noyau neurologique gère l’orgasme et l’éjaculation, explique-t-il. Chez l’homme, cette connexion se situe au niveau lombaire. On peut donc penser qu’une blessure à la colonne vertébrale puisse comprimer cette zone et déclencher des orgasmes et des éjaculations indésirés, en dehors de tout contexte érotique.»

Si Dale Decker est un des tous premiers hommes à témoigner d’une telle maladie, chez les femmes le SEGP a déjà fait couler beaucoup d’encre. On se souvient de cette Brésilienne qui avait obtenu le droit de se masturber au travail toutes les deux heures pour soulager son excitation, de l’infirmière américaine qui avait confié au Sun avoir cent orgasmes par jour («Alors que certaines femmes se battent pour avoir un orgasme, moi je me demande comment arrêter les miens»), et de la terrible histoire de Gretchen Molannen, une Américaine qui s’était suicidée à 39 ans après avoir raconté son calvaire au Tampa Bay Times («C’est comme un bouton qu’on voudrait mettre sur off, mais qui ne répond pas. Quand l’excitation arrive, elle est incontrôlable. Je suis en sueur, mon cœur bat à tout rompre, chaque centimètre de mon corps me fait mal. Je panique, j’ai peur de mourir et puis je m’effondre sur le sol et éclate en sanglots»)

Pour les malades du SEGP, le quotidien devient vite un enfer: l’excitation est permanente, la satisfaction inatteignable et leur maladie les coupe bien souvent de toute vie sociale. Les femmes qui ont témoigné dans différents médias racontent toutes avoir dû quitter leur emploi, être gênée vis-à-vis de leurs enfants ou de leur famille, et elles ont bien souvent perdu leur partenaire, effrayé par cette excitation insatiable. Ce reportage sur Michelle Thompson, une jeune Britannique atteinte par le SEGP, nous montre la jeune femme très excitée par un aspirateur ou un sèche-cheveux. Mais aussi par sa voiture, sa bouilloire ou la roulette du dentiste.

Les médecins savent encore très peu de choses sur le SEGP: si les symptômes sont maintenant bien connus (excitation génitale quasi permanente, non liée à un désir sexuel et qui ne disparaît pas après un orgasme), ses causes sont floues. «Chez les femmes, cela peut arriver lors d’interventions chirurgicales sur la moelle épinière», explique Jean-Claude Piquard, auteur de La fabuleuse histoire du clitoris. Mais il peut aussi arriver que le SEGP se déclenche de manière apparemment spontanée. Michelle Thompson explique ainsi qu’elle est atteinte de cette maladie depuis l’âge de quatre ans, sans en connaître la raison. Toutefois, elle admet avoir «compensé une enfance malheureuse avec le plaisir». Le SEGP pourrait-il être une réaction psychologique? Pas uniquement, si l’on en croit une des très rares études faites sur le sujet: en 2008n un neuropsychiatre néerlandais a établi un lien entre le SEGP et le syndrome des jambes sans repos, qui entraine un besoin de bouger les jambes, se tenir debout ou se masser sans cesse.  Le point commun entre ces deux maladies serait un problème neurologique: dans le cas du SEGP, c’est l’activité d’un tout petit nerf proche du clitoris et du vagin qui est en cause. Deux femmes atteintes du syndrome avaient même pu être guéries grâce à des électrodes agissant sur ce nerf. 

A l’heure actuelle, les médecins n’ont pas encore de remède miracle contre le SEGP. Les malades sont souvent suivis par des psychologues mais aucun traitement ne permet de calmer l’excitation. La seule solution reste donc de le cacher le mieux possible: Michelle Thompson est capable d’avoir un orgasme en mangeant ses céréales du petit-déjeuner sans renverser une goutte de lait. «Le fait que rien ne se voit me fait penser que c’est purement psychologique», estime Jean-Claude Piquard, pour qui un «véritable» orgasme entraine des réactions physiques, comme la contraction des muscles, qui ne peuvent pas se cacher. Avant que les médecins ne trouvent une explication au SEGP, Michelle et Dale auront eu des centaines de milliers d’orgasmes.

 

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