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15/04/2015

De "Sex and the city" à "Game of thrones"… «Une femme qui jouit, ça reste tabou»

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Iris Brey a étudié la représentation de la sexualité féminine dans les séries télé. Elle donnera une conférence le 20 avril dans le cadre du Festival Séries Mania au Forum des Images (Paris 1er)…

 «Samantha, tu es toute rouge! Tu as fait un masque?» «Oh non! Je me suis masturbée tout l'après-midi.» Du Samantha tout craché. Comment ça, qui est Samantha? Sex and the city, Samantha la baiseuse au grand cœur, celle qui fait rire toute la bande de new-yorkaises avec ses innombrables conquêtes et ses commentaires sans tabous sur toutes les situations sexuelles dans lesquelles elle se fourre. Vous la remettez?

Diffusée aux Etats-Unis à partir de 1998, la série Sex and the city a été une des toutes premières à aborder la sexualité de manière aussi frontale. «C’est la première série qui ait utilisé la sexualité comme fil rouge de l’histoire, commente Iris Brey. Il n’y a rien de révolutionnaire dans sa manière d’en parler mais au elle met à jour quelque chose qui était transparent avant dans les séries: le fait que les femmes ont une sexualité.»

Si le sexe n’était pas absent des séries avant la fin des années 1990, il n’était qu’un élément annexe de l’intrigue. Et parfois une preuve de perversité, comme dans cet extrait de Dallas où la machiavélique Sue Ellen avoue à JR qu’elle l’utilise comme un jouet sexuel.


Sue Ellen tells JR that she used him for sex... par Sunter1

«Il y a encore des choses très contradictoires dans certaines séries, comme Mad men ou Game of thrones avec des personnages féminins très forts et en même temps une vision parfois très réductrice de la sexualité dans les scénarios, estime Iris Brey. Dans Game of thrones par exemple, on voit surtout les femmes subir la sexualité». Même si quelques leçons de plaisir sont dispensées par-ci par-là.

Pour Iris Brey, la véritable rupture dans le traitement de la sexualité féminine dans les séries est venue de Girls, la série créée en 2012 par Lena Dunham. «Girls a commencé à montrer une nouvelle sexualité féminine pas si facile qu’elle pouvait en avoir l’air dans Sex and the city où lorsque ça se passait mal, cela donnait lieu à des conversations très drôles mais où aucun problème de fond comme le viol ou l’avortement n’a jamais vraiment été abordé», commente Iris Brey. La série a aussi été une révolution dans la représentation du corps féminin: loin d’être un canon de beauté, Lena Dunham s’est imposée comme la représentante de toute une génération de jeunes filles qui refusent de se laisser imposer des standards esthétiques.

«Dans Girls, on voit une sexualité balbutiante avec une jeune femme d’une vingtaine d’années qui réalise ce qu’elle aime, ce qui lui manque, qui a un cheminement intellectuel pour trouver ce dont elle a envie pour sa sexualité. C’est une première, car hormis la découverte du fameux Rabbit par Charlotte dans Sex and the city, on avait affaire à des femmes plus âgées déjà rodées à la sexualité», explique Iris Brey.  

Climax de la sexualité féminine sur le petit écran, la série Masters of sex, diffusée depuis fin 2013, retrace les recherches de deux médecins à l’origine de la première grande étude sur la sexualité. Inspirée de l’histoire vraie de Bill Masters et Virginia Johnson, la série pose des questions jamais évoquées auparavant: «Grâce au coté médical on arrive à parler de choses comme l’orgasme clitoridien et l’orgasme vaginal. Les costumes des 1950-60 permettent aussi de faire passer des messages et des questions qui restent actuels: Qu’est-ce qu’un orgasme féminin? On ne sait toujours pas, et la série n’apporte pas de réponses, elle ne fait que donner des clés pour mieux appréhender le plaisir féminin», commente Iris Brey.  

Regardées par des millions de personnes à travers le monde, les séries américaines pourraient avoir un impact non négligeable sur la manière dont les femmes envisagent leur sexualité, estime la spécialiste. «Cela ouvre un espace pour pouvoir en parler et permet d’avoir des références visuelles sur la sexualité féminine, à mi-chemin entre les scènes classiques de missionnaire au cinéma et les films porno. Ces séries apportent un nouveau langage pour parler de sexe, que l’on n’avait pas forcément avant car une femme qui jouit, ça reste tabou.»

17:04 Publié dans CULture | Lien permanent | Commentaires (0)

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