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24/02/2015

«Le fist-fucking exige une forme de délicatesse»

 

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Cette pratique sexuelle reste encore mystérieuse pour le grand public. Dans Fist (La Découverte, 13€), Marco Vidal, un écrivain et prof de philosophie aborde de front ce plaisir tabou du fist-fucking. Soit un ouvrage érudit, passionnant et bien écrit sur une pratique qui consiste à introduire une main dans un rectum. Interview d’un auteur sous pseudonyme.

A vous lire, le fist-fucking serait une pratique très récente, les rapports Kinsey ne l’évoquent pas. Quelles sont ses origines?

De la sexualité, on a des traces littéraires, des documents, mais aussi des iconographies, des estampes orientales, des vases grecs… Pour moi, le document clé qui montre que le fist-fucking a émergé en Californie dans la deuxième moitié du XXe siècle, c’est une étude de l’anthropologue américaine Gayle Rubin. Elle s’est intéressée à un club privé, créé par Steve McEachern, arrivé à San Francisco pour vivre sa sexualité. En 1975, il a décidé de créer un lieu pour les plaisirs de l’époque, Les Catacombes, au sein duquel une pièce, le Donjon, servait au fist. Cette pièce s’est rapidement agrandie pour devenir jusqu’en 1981, le point de ralliement des adeptes du fist-fucking.

La pratique ne semble pas liée à l’orientation sexuelle ni au genre, pourquoi?

Tout le monde a une main et un trou du cul. Cela crée pour chaque individu, indépendamment de son sexe, deux possibilités, d’être fisteur ou fisté. Dans les débuts du fist-fucking aux Etats-Unis, Steve n’hésitait pas à faire venir des femmes dans ce milieu gay. A l’inverse, Cynthia Slater, une femme qui organisait de grandes party féminines et lesbiennes, n’hésitait pas à inviter Steve. Jj’ai découvert cette pratique dans une interview d’un gars hétéro, qui fréquentait les homos, parce qu’il trouvait plus facilement chez les garçons que chez filles des personne pour le fister. C’est illustratif d’une pratique qui gomme les frontières de sexe et de genre et n’enferme pas les gens dans une identité ni dans une communauté.

D’ailleurs, selon vous, le fist-fucking ne serait pas une pratique SM…

Historiquement, le fist s’est développé dans les lieux plutôt marginaux, comme ceux consacrés au bondage SM. Il en d’ailleurs repris le langage top ou bottom, maître ou esclave. Mais dès cette époque, on voit apparaitre une divergence. Les pratiquants du SM ne comprennent pas le fist car ils ne retrouvent pas les rôles dominé-dominant aussi affirmés et ne comprennent pas la forme de délicatesse que le fist exige. Car s’il y a pénétration, il faut aussi des précautions. Le SM est une érotique de l’exagération. Dans le fist, il n’y a pas de décorum, ni de théâtralité, pas de cuir ni de chaînes. Le fist est presque abstrait, c’est juste une main qui pénètre un rectum. Certes, il y a des formes de fist qu’on voit dans le porno et qui se rapprochent du SM sur le plan de la performance, où il s’agit d’aller le plus loin possible. Dans ce sensationnalisme, on retrouve le côté ostentatoire du SM.

Le fist ne s’embarrasse pas de cuir ni de chaînes, a-t-il néanmoins des accessoires?

Deux éléments sont à associer au fist. D’abord le gel. Le Crisco et le J-Lube ont ainsi été détournés de leur usage d’origine. Le Criso est au départ une margarine qui a deux avantages. Elle est dans une boite métallique assez large pour y mettre la main, puis elle fond à la température du corps. Le J-Lube, lui, à base de glucose, servait à l’insémination des bêtes d’élevage. Facile d’utilisation, il n’est pas gras et ne tache pas. L’autre élément, ce sont les poppers, des vaso-dilatateurs, qui augmentent la circulation sanguine et produisent un effet de dilatation des sphincters.

Pourquoi selon vous le fist-fucking demeure une pratique taboue?

Parce qu’il y a dans la pénétration du corps par la main, clairement une puissance criminelle. Le fist ne s’est pas émancipé de ces images criminelles, comme l’empalement. Car on peut tuer quelqu’un avec un fist. Il faut savoir que la muqueuse des intestins est mince comme une feuille de cigarette, donc il y a risques de perforation et d’infection. Quelque chose de très noir pèse encore sur le fist-fucking. J’ai essayé de montrer dans mon livre que cette pratique ne peut avoir lieu qu’avec une profonde délicatesse.

Propos recueillis par Joël Métreau

23/12/2014

Voilà à quoi ressemble un vagin… dessiné par un homme

 

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On peut être plus ou moins doué en anatomie et avoir ou non des talents de dessinateur, mais on peut au moins représenter schématiquement un visage, un système digestif ou des jambes. En revanche, quand on demande à des hommes de dessiner «l’appareil reproductif féminin», ça devient très compliqué. Une journaliste américaine de mic.com a mis au défi ses collègues masculins dans l’intention de démontrer leur méconnaissance des organes génitaux féminins. L’expérience lui a donné raison: du «no man’s land» au «trou à bébés», les hommes ont eu bien du mal à mettre des noms sur leurs dessins maladroits. On apprend également que «l’utérus et le vagin sont reliés par des tubes» et qu’il y a des «lèvres quelque part par là». Ne soyons pas trop durs, les femmes aussi auraient peut-être du mal à représenter les organes génitaux masculins. Même si j’en doute.

Une seule manière de remédier à ces lacunes: mieux regarder. Allez, aux travaux pratiques. Envoyez- nous vos plus beaux dessins.

19/12/2014

Petit Papa Noël, je voudrais un orgasme cette année

 

 

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Le 21 décembre, c’est la Journée mondiale de l’orgasme. Enfin, mondiale, enlevons de cette grande célébration les huit femmes Françaises sur dix qui ont du mal à jouir. Les conclusions d’une étude Ifop (réalisée pour le site de vidéos porno Cam4)  publiée le 17 décembre ne sont pas très excitantes: au cours des douze derniers mois, 79% des Françaises sexuellement actives disent avoir eu «des difficultés à jouir» et 20% des femmes ont déclaré avoir eu un orgasme «il y a plus d’un an.» 7% n’en ont même jamais eu. On ne va pas lancer un orgasmothon pour les femmes françaises, mais ces chiffres accablants méritent qu’on se penche un peu sur les causes du désastre.

Non, les femmes ne sont pas toutes frigides

Quand on rate un gâteau, on accuse la farine? L’idée que l’orgasme féminin serait compliqué et long à obtenir semble conforter pas mal d’hommes: si Bobonne ne prend pas son pied, c’est parce que c’est la nature. Non. Les femmes ont des capacités orgasmiques largement plus élevées que les hommes: le clitoris, par exemple, compte plus de 8.000 terminaisons nerveuses, soit deux fois plus que le pénis. Elles ont aussi beaucoup plus de zones érogènes que les hommes: clitoris, vagin, bouche et lèvres, haut de la nuque, seins et mamelons sont largement plébiscités par les femmes, mais aussi «le dos, la nuque, les hanches, l'intérieur des cuisses, les épaules, le ventre et les poignets», soulignait une étude scientifique parue fin 2013. Avec cet arsenal de plaisir, comment se fait-il que la bombe n’explose pas? Peut-être parce qu’elle n’a pas été bien dégoupillée…

Le profil type de la femme sans orgasme

D’après l’étude de l’Ifop parue ce jeudi, les femmes les plus jeunes, les plus maigres, les célibataires qui n’ont jamais été en couple et les catholiques pratiquantes sont celles qui ont déclaré ne jamais avoir eu d’orgasme. Pour les moins de 25 ans, cela peut s’expliquer par le manque d’expérience: le plaisir, ça s’apprend. Chez les plus maigres, cela peut être lié à un déficit de production hormonale (rappelons à toutes fins utiles que le gras, cette chose qui se présente sous forme de plaque de beurre, de bouteille d’huile ou de délicieux cheesecake au chocolat, joue un rôle crucial dans le bon fonctionnement du système hormonal). On ne reviendra pas sur les catho pratiquantes, elles font ce qu’elles veulent. Quant à celles qui n’ont jamais été en couple, ce n’est pas du tout une bonne excuse: si on attend de trouver le prince charmant pour prendre son pied, on risque d’attendre longtemps.

99% de travail et 1% de talent

L’orgasme ne tombe pas du ciel. Il faut aller le chercher. Bien sûr, les hommes auraient tout intérêt à s’intéresser d’un peu plus près aux réactions de leur partenaire et à être un peu curieux sur l’anatomie féminine (Quel est la taille du clitoris? Si tu es un homme et que tu as répondu «1 cm», sois plus curieux). Mais les femmes ont aussi toutes les cartes en main : l’orgasme, c’est comme le grand écart, on n’y arrive pas du premier coup. Il faut s’entraîner, quotidiennement (allez, hebdomadairement si vous êtes un peu prude). Les sextoys ont été inventés pour ça. Si on est fauchée, on peut aussi s’en sortir sans matériel. Il faut juste s’autoriser. Et ça, ça peut être encore un obstacle pour pas mal de femmes éduquées dans l’idée que le sexe, c’est sale (vulgaire/honteux/un pêché, rayez les mentions inutiles).

Les langues se délient

En 1992, 75% des femmes disaient avoir eu un orgasme au cours de leur dernier rapport sexuel en date  En 2014, elles ne sont plus que 63%. Il semblerait que les mauvaises statistiques s’expliquent aussi par le fait que les femmes avouent plus facilement ne pas avoir d’orgasme. C’est plutôt une bonne nouvelle. Ce n’est ni honteux ni déshonorant pour son compagnon de le dire, c’est au contraire le seul moyen de faire évoluer ses rapports. Et d’enfin pouvoir monter au septième ciel sans rester bloquée dans l’ascenseur.

 

 
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