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23/11/2013

Ejaculation précoce: Des comprimés dans le caleçon?

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Il y a certains sujets sur lesquels il ne faut pas aller trop vite en besogne. L’éjaculation précoce en est un. Pourtant, tout semble très simple si l’on en croit les affiches 4x3 de la campagne «d’information» des laboratoires Menarini: monsieur s’enflamme un peu vite, Madame reste sur sa faim,  parlez-en à votre médecin qui aura l’amabilité de vous prescrire du Priligy, le médicament desdits laboratoires Menarini.

De quoi on parle, au juste?

Un médicament, c’est quand on est malade, non? Or l’éjaculation précoce est tout sauf une maladie. Il s’agit d’un trouble très subjectif puisqu’aucun critère n’a été formellement établi par la médecine pour définir le caractère prématuré de l’éjaculation. La Société Internationale de Médecine Sexuelle évoque un délai d’une minute entre la pénétration et l’éjaculation, l’impossibilité de retarder celle-ci, l’insatisfaction de l’un des partenaires… Mais les sexologues sont loin d’être unanimes: «L’éjaculation est un réflexe qui se produit, tout à fait normalement, quelques secondes après la pénétration», rectifie le sexologue Jacques Waynberg.

Comme nos cousins primates, nous sommes programmés pour nous accoupler vite fait bien fait. Assurer une descendance sans prendre le risque qu’un prédateur profite d’un moment d’égarement pour nous dévorer, ajouteraient les zoologistes. Heureusement, Sapiens sapiens a «des capacités d’apprentissage contre nature, poursuit Jacques Waynberg. Par exemple, comme nous apprenons à nager alors que cela ne fait pas partie de notre patrimoine génétique, nous pouvons acquérir le contrôle de réflexes comme l’éjaculation, qui est un des plus puissants de l’organisme.»

Chéri, prend ton antidépresseur et faisons l’amour

Pour un jeune homme qui connaît ses premiers émois, il est donc tout à fait normal de partir au quart de tour. Cet apprentissage ne peut se faire qu’avec le temps, la masturbation, les différents partenaires, la patience. Parfois quelques exercices comme le stop and go ou le squeeze. Mais la prise d’un médicament n’est en aucun cas à considérer comme la solution miracle. «On ne peut pas médicaliser un réflexe naturel, c’est une escroquerie!, réagit Jacques Waynberg. Cette supercherie est très lucrative puisqu’elle peut atteindre plus ou moins tout le monde au début de la vie sexuelle et pour les personnes plus expérimentées, c’est un raccourci qui évite de prendre les vrais problèmes en main.»

Déséquilibre dans le couple, insatisfaction chronique, reproches… Mieux vaut consulter un sexologue ou un psy que se gaver de pilules. D’ailleurs, il y a quoi dans ces pilules miracles? De la dapoxétine, «un inhibiteur de la recapture de la sérotonine (IRS), comme les antidépresseurs de type fluoxétine (Prozac)», nous explique la revue Prescrire, qui souligne que les effets indésirables de ce médicament (agitations, sudation, risques de syncopes en cas de prise d’alcool concomitante, troubles digestifs et neuropsychiques…) auraient dû empêcher la mise sur le marché de ce médicament.

Avis aux 50% d’hommes qui pensent être atteints d’éjaculation précoce, selon un sondage publié en avril dernier par Opinion Way… pour les laboratoires Menarini, bien entendu: vous n’êtes ni anormaux, ni égoïstes, simplement soucieux de donner du plaisir à votre partenaire. Et ça, personne ne pourra jamais vous le reprocher. Allez, je vais même vous donner un tuyau: il y a plein de façons de faire jouir une femme, le labourage interminable n’est absolument pas recommandé et rien ne vous empêche de remettre le couvert un peu plus tard, une fois le champagne débouché.

12/11/2013

Les secrets d’une bonne fellation

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Voilà une saine occupation pour les longs week-ends pluvieux de novembre: rester sous la couette avec un bon bouquin. Si vous n’avez rien à vous mettre sous la dent, les éditions La Musardine viennent de sortir «Osez une leçon de fellation», un petit guide qui se lit d’une traite et nous en apprend de belles sur l’art de la fellation. Et présente en plus l’avantage de nous faire faire un peu d’exercice physique. Son auteur, Coralie Trinh Thi, a révélé à Tout SEXplique quelques secrets pour sucer comme une reine.

photo(8).JPGQuelles sont les règles d’or d’une bonne fellation?

Aimer ça, aimer ça, aimer ça, aimer ça! Ça ne peut pas marcher si on se force. Ensuite, la fellation implique deux organes majeurs, le pénis et la bouche, mais une bonne suceuse suce avec tout son corps. Beaucoup de filles pensent qu’une fellation, c’est juste mettre le pénis dans la bouche et aspirer, sucer, en agitant un peu… Alors que cela implique aussi les mains, l’énergie du corps… Les possibilités créatives sont infinies.

Et quelle serait la plus grande erreur à ne pas commettre?

Penser qu’il y a un mode d’emploi ou croire qu’on a une technique infaillible et s’y tenir. La seule méthode, c’est l’attention à l’autre et ce sera différent selon le partenaire: un truc peut envoyer un homme au nirvana et déplaire à un autre.

Une leçon de fellation donnée par une fille, ce n’est pas un peu paradoxal?

J’étais très partagée sur le titre du livre car j’ai un problème avec l’idée de donner des leçons. Pour l’assumer, j’ai retourné l’idée en demandant à un garçon de me donner une leçon. J’ai enregistré tout ce qu’il m’a dit pendant que je lui faisais une fellation. Dans ces 17 minutes de captage oral de ses indications, j’ai trouvé toutes les choses importantes à écrire et même le plan du livre.

Le livre aurait-il été différent s’il avait été écrit par un homme?

Certainement mais croire que ce sont les hommes qui font les meilleures fellations car ils connaissent la machine est une légende urbaine. J’ai moi-même fait une compétition avec des amis gays et techniquement j’ai gagné… Les hommes ne connaissent pas si bien leur corps qu’ils ne le pensent et puis quand on se fait faire une fellation, arrive un moment où on n’est plus très conscient de ce que l’autre fait exactement…

Y a-t-il des hommes qui n’aiment pas ça?

Oui, beaucoup simulent ou sont obligés d’écourter la séquence car ça ne fonctionne pas. Quand  c’est mal fait, c’est très désagréable.

31/10/2013

Se faire prendre sans se faire prendre, l’excitation de l’exhibition

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En boite de nuit, au restaurant, au bureau, sous une porte cochère… Tous les lieux sont bons pour se donner du plaisir. Simple prise de risque ou exhibitionnisme, les ébats clandestins dans les lieux publics apportent une touche d’excitation dont certains deviennent accrocs. Sara Dillon, par exemple. L’héroïne de Beautiful stranger, le dernier roman de Christina Lauren (ed. Hugo Roman), prend vite goût aux caresses cachées sous une nappe de restaurant ou un balcon de night-club newyorkais.

Se sentir exister dans le regard de l’autre

Excitation de se faire prendre par un homme aux yeux de tous, envie de laisser la pudeur au vestiaire… Si Sara Dillon allait consulter le psychanalyste Gérard Bonnet, il la rassurerait certainement sur ce penchant: «C’est une recherche de sensations, un jeu un peu pervers, mais cette perversion n’est pas bien méchante s’il s’agit simplement de pimenter sa vie sexuelle, nous explique l’auteur de La tyrannie du paraitre (ed.Eyrolles). Le problème, c’est quand ça devient indispensable à la jouissance et donc pathologique.»

Soyons clairs: attentat à la pudeur et exhibitionnisme devant des personnes non consentantes sont interdits par la loi. Mais entre adultes consentants et raisonnables, le plaisir peut être décuplé par l’idée que quelqu’un observe les ébats. «L’exhibitionnisme et le voyeurisme sont des tendances normales et même souhaitables: nous avons tous besoin de nous montrer, de nous sentir exister dans le regard de l’autre», explique le psychanalyste Gérard Bonnet. Comme les enfants qui aiment se promener nus à un certain âge, notre corps doit être vu pour exister et «avoir peur de se montrer à son partenaire durant les rapports sexuels est un problème plus grave», insiste Gérard Bonnet.

Un jeu de cache-cache

Comme un artiste sur scène, l’exhibitionniste n’est rien sans une audience. «C’est avoir du public qui fait le plaisir de l’exhibitionniste, explique le sexologue Jacques Waynberg. L’exhibitionnisme sans voyeurisme, ça ne sert à rien.» Un concept qu’a bien compris le site Voissa.com, un réseau social qui refuse d’être étiqueté «Facebook du cul» mais sur lequel les membres postent des photos des leurs. «Chacun fait ce qu’il veut sur ce site, explique «Esprit voissa», l’administrateur du site qui préfère conserver l’anonymat. On peut simplement regarder les photos et vidéos, participer au forum, poster de commentaires ou des photos de soi… Les Voissanautes s’épanouissent dans cette démarche et rencontrent d’autres participants.»

L’exhibition sur Internet repose toutefois sur une bonne dose d’imagination, explique Gérard Bonnet: «Le voyeur est excité par le fait de surprendre des gens à leur insu, il fait que l’autre soit un peu victime. Inversement, un exhibitionniste n’est pas intéressé par le fait d’être regardé avec plaisir, il veut faire peur et surprendre», précise le psychanalyste.  «Dans le domaine virtuel, il ne voit pas la «victime» mais imagine ceux qu’il met en difficulté par ses exhibitions et risque de surenchérir avec des images un peu excessives, hard, pour mettre l’autre imaginairement mal à l’aise.»

Certes, sur Voissa, certains n’hésitent pas à aller très loin. Mais l’administrateur du site veut surtout mettre en avant des photos plus érotiques que pornographiques, rejoignant ainsi la définition d’un voyeurisme esthétique: «Le voyeurisme, pour les initiés, n’est pas le vol de la pudeur de l’autre, explique Jacques Waynberg. C’est au contraire un des canons de l’érotisme occidental qui consiste à découper l’anatomie, par exemple avec les bas qui découpent la jambe du reste du corps, le string qui coupe les fesses,… C’est un jeu de cache-cache avec les règles de la pudeur.» Un cache-cache auquel nous jouons tous, plus ou moins: «Nous avons tous un petit côté exhibitionniste et voyeur, conclut Gérard Bonnet. Tant que c’est un plaisir parmi d’autres, il n’y a aucune raison de ne pas l’intégrer dans sa sexualité.»

 

 
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