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20/05/2014

Basile, le serial-largué qui va vous aider à oublier votre ex

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Basile a tout pour plaire. Trentenaire «grand-beau-fort-intelligent» comme il aime à se décrire, Basile pourrait être le gendre idéal. Sauf que Basile s’est fait larguer. Et pas qu’une fois. Mais comme Basile est un garçon intelligent (ça, c’était vrai), il a mis à profit ses ruptures pour aider ses amies à surmonter une séparation amoureuse. «Le point commun à toutes les ruptures, c’est la souffrance, explique Basile. Et le déni: on n’est pas toujours prêt à arrêter de souffrir.»

Sauf que quand même, un jour, après avoir refusé douze soirées avec Manu, s’être effondré en larmes au rayon plats individuels surgelés et avoir mis une baffe à deux ados qui se bécotaient sur le banc qui vous sert de fumoir pour vos trois paquets quotidiens, il faut se mettre un coup de pied au cul. «Le plus important n’est pas le temps que l’on met à se remettre d’une rupture mais le temps qu’il faut pour se dire que ça va aller mieux, le ressentir physiquement, et se décider à tourner la page», estime Basile.

Blessure narcissique et sociale

Comprendre, rire, digérer: voilà les trois étapes par lesquelles Basile est passé après son divorce, dont il raconte les lendemains qui déchantent dans Je me suis fait larguer (ed.Eyrolles). «Il n’y a pas de protocole social pour une rupture. Pour un deuil il y a un cérémonial, des jours de congés, un soutien social… Mais quand on se sépare, on est démuni.» D’autant plus que notre société reste encore très centrée sur le couple traditionnel et que «rechuter» dans un statut de célibataire, largué de surcroît, peut être très «disqualifiant», estime Basile. «On se dit qu’on n’est plus bon pour l’amour, qu’on ne retrouvera jamais quelqu’un,… Cette blessure sociale est presque plus importante que la blessure narcissique.»

Donc, l’amour-propre a pris cher, la société nous montre du doigt, on n’a même pas eu la garde de Toby le fox-terrier, et il faudrait se prendre par la main et sourire à un avenir ensoleillé? Ben oui. Et pour ça, Basile Bernard donne de très bonnes pistes de réflexion éclairées par son expérience personnelle. Ni manuel de développement de ses chakras par la méditation, ni guide pratique pour surmonter la rupture en cinq exercices par jour, Je me suis fait larguer est une lettre d’un largué à un(e) autre largué(e) pour ne pas trimballer sa tristesse pendant des années mais parvenir à «chérir les moments passés ensemble sans arrière-pensée et arriver à considérer son ex avec simplement de la bienveillance».

NB: Basile a un blog: http://www.je-me-suis-fait-larguer.fr/

Je me suis fait larguer. Est-ce que c’est une bonne idée…  L’avis de Basile Bernard sur notre dépression post Jean-Luc

  • De se noyer dans le travail/le sport/le macramé pour penser à autre chose: «L’activité et le mouvement sont bénéfiques mais cela ne doit pas dispenser de la réflexion. Si c’est pour retomber dans un an sur les mêmes questionnements, on aura juste perdu un an.»
  • De regarder en boucle Coup de foudre à Notting Hill en mangeant du Nutella à la petite cuillère: «Sur le fond, aucun problème car regarder des bluettes permet detravailler son muscle émotionnel et c’est mieux que de sombrer dans l’apathie. Il existe quand même un risque de s’enfermer dans une posture d’amant éconduit incompris.»
  • De sortir en boîte tous les soirs et de rentrer dans un état d’ébriété avancé avec  le/la premier(e) venu(e): «Il faut savoir pourquoi on le fait: si c’est pour se rassurer sur ses capacités de séduction, pourquoi pas, mais si c’est une urgence ou une détresse, une peur du rejet qui nous pousse à emballer le ou la premier(e) venu(e), on risque de tomber sur une malade ou un connard…»
  • De partir faire le tour du monde avec son sac à dos: «Ça peut être une très bonne chose mais si c’est pour fuir les problèmes, ils seront encore là quand on reviendra…»
  • D’envoyer des messages insultants/rageurs/pleurnichants/suppliants/apitoyants à son ex: «Qu’est-ce qu’on espère en harcelant son ex de textos? A quoi sert de faire du chantage affectif à quelqu’un qui ne nous aime plus? Quel bénéfice peut-on attendre de miettes d’attention de sa part? Il faut se poser la question…»

19/05/2014

"Love game", ce que pensent les hommes... ou pas

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«Dis donc, Pierre, t’es un homme non?» Difficile de répondre non à cette question. Et c’est là que le piège s’est refermé. Dans le carton de livres que notre spécialiste sexe et panda (aucun lien, même si elle est assez calée en sexualité des pandas) reçoit, un avait attiré son œil lubrique. La couverture rose, talon aiguille, jambes nues? Le titre Love Game?  Non. Ce qui a tapé dans l’œil de miss sexo, c’est le sous titre: «Vous saurez enfin ce que pensent vraiment les hommes!»

«Alors voilà, ton job, c’est de lire le bouquin et de me dire si c‘est vraiment ça ce que pensent les hommes. Je suis sympa, je l’ai feuilleté et c’est très chaud chapitre 13.» Pendant qu’elle me parlait et que j’écoutais que d’une oreille, je me voyais déjà en Mel Gibson, ambiance épilation à la cire et collants dans What women want.


J’aurais dû écouter et arrêt de penser à Mel, j’aurais peut-être évité la plus grosse remise en question de ma virilité depuis qu’on avait demandé aux garçons de s’habiller en jupe à la maternelle.

Parce que si ce que pense et raconte Drew, le héros (bosse dans la finance à Manhattan, se tape une fille par soir, est évidemment très bon dans ce qu’il fait. Tout le temps. Partout), est l’homme absolu, je me situe aux alentours de la petite fille à couette sur l’échelle de la virilité. 

Dès les premières pages, Drew annonce la couleur: «Mais je n’y peux rien si elles me voient, me baisent, et veulent tout à coup devenir la mère de mes enfants.» Parce que procréer, et vite, c’est bien sûr le rêve de toutes les femmes.

En même temps, les femmes que croisent Drew sont comment dire…

«Kate penche la tête sur le côté pour me jauger.

- Vous n’avez jamais été amoureux?

Je secoue la tête.

- L’amour, c’est pour les pigeons, ma belle.»

Elles sont tartes. Voilà comment dire. Enfin, surtout, elles ne lui en collent pas, des tartes. Même quand il dit ça, à la fin du fameux chapitre 13:

«-Mon Dieu… C’était tellement… tellement….

Maintenant, je souris aussi. “Je sais.”»

L’homme a toujours une très grosse confiance en lui en toute circonstances et ne doute jamais de ses performances sexuelles, c’est bien connu. Et même quand il reconnaît une légère faiblesse, comme par exemple dans le multi-tasking, c’est pas de sa faute:

«Voici une réalité pour vous: la plupart des hommes ne peuvent pas effectuer plusieurs tâches en même temps. C’est vrai. C’est pour cela que vous ne verrez pas beaucoup de mecs essayer de préparer un dîner complet pour Thanksgiving.»

D'ailleurs, aucun homme n’est capable d’écrire un livre sur ce que pensent vraiment les hommes, c‘est une femme qui s’y colle. En l'occurrence Emma Chase. Qui arrive quand même à faire tenir toute son intrigue sur le fait que son héros est absolument incapable de répondre à cette question:

«Cela n’a aucun sens. Pourquoi quelqu’un voudrait-il être ami avec une personne avec laquelle il a pu baiser et avec laquelle c’est terminé maintenant? Quel serait l’intérêt?»

Je sais pas Drew, tu boucles des deals à 20 millions de dollars, tu penses pas que les gens veulent juste pas être en guerre avec la terre entière?

Je vous épargne l’intrigue, d’autant que ça se finit bien («Je sais») et qu’il y a deux autres tomes en préparation. Je vous laisse avec cette dernière pépite de Drew. Je vous promets de la tenter un de ces 4 pour remonter sur l’échelle de la virilité. Et je vous dirais si j’arrive à éviter la baffe/et ou le procès:

«Bonjour Kate, tu as l’air particulièrement appétissante, ce matin.»

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14:55 Publié dans CULture | Lien permanent | Commentaires (1)

14/05/2014

Le sexe, un très mauvais moyen de se reproduire

 

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Halte aux clichés: ce n’est pas parce que c’est le printemps que les animaux se sautent dessus. Enfin, pas que. Récemment reconnues «douées de sensibilité» dans la loi, nos amies les bêtes ne seraient pas si bestiales qu’on le pense. On savait déjà que les modes de reproduction de certaines espèces pouvaient être très sophistiquées: les femelles lézards à queue en fouet se reproduisant par parthénogénèse ont besoin de simuler un accouplement pour provoquer l’ovulation, les araignées mâles apportent un cadeau alimentaire à leur femelle pour faire leur petite affaire pendant qu’elle mange, les oiseaux se frottent le cloaque…

Mais n’en déplaise à Darwin (et à Frigide Barjot), le but de toutes ces gesticulations n’est pas uniquement la reproduction de l’espèce. Preuve en est la prévalence de l’homosexualité chez les animaux: des couples de même sexe ont été observés dans plus de 450 espèces et jusqu’à 20% des mouettes sont gays. Chez les bonobos, les plus grands obsédés du règne animal, le sexe sert surtout à tisser des liens entre les individus du groupe ou à apaiser les conflits.

Créer de l’interaction

Rien d’étonnant pour Thierry Lodé, professeur en écologie évolutive et spécialiste de la sexualité des animaux: «Essayez donc de draguer quelqu’un en lui disant d’emblée que c’est pour avoir des enfants…» sourit le biologiste, pour qui sexualités humaines et animales ont le même but: créer de l’interaction. «Pour beaucoup de chercheurs, la sexualité est inféodée à la reproduction et ne sert qu’à ça. Mais nous sommes un certain nombre à penser que ce n’est pas possible, explique Thierry Lodé.  La sexualité est un très mauvais moyen évolutif: chaque individu ne transmet que la moitié de son patrimoine génétique, les femelles ne sont pas disponibles tout le temps, il faut beaucoup d’énergie pour produire les ovules et le gaspillage de spermatozoïdes est monumental, les comportements de cour sont souvent meurtriers… Si l’évolution avait choisi un bon moyen de faire passer ses gènes, elle n’aurait pas choisi la sexualité!».

Si le sexe n’est pas efficace pour se reproduire, il faut bien qu’il serve quand même à quelque chose. «Il fabrique des sensibilités», poétise le biologiste. Si le sexe «complique la reproduction», Thierry Lodé affirme qu’il peut en revanche nous servir à construire un lien «cellulaire, olfactif puis émotionnel» avec l’autre, que l’on soit une otarie, un chimpanzé ou un hipster. «Chez les hommes, on donne le nom d’amour à cet attachement, mais il se retrouve chez d’autres espèces comme les mésanges charbonnières, qui copulent alors que la femelle a déjà pondu les œufs pour continuer à fabriquer de l’attachement. Cela culmine chez les bonobos pour qui la sexualité a aussi un rôle social».

Le club de foot, lieu de recherche de rapports sexuels

Thierry Lodé n’hésite pas à dire que nous aussi, êtres humains distingués, «nous passons notre temps à chercher des rapports sexuels» uniquement pour créer de la relation avec notre groupe social. «En caricaturant, même quand on s’inscrit dans un club de foot, c’est une forme de recherche de lien et donc de recherche de rapports sexuels», affirme le biologiste. «C’est la même chose que lorsque des écosystèmes se fabriquent entre poissons clowns et anémones, abeilles et fleurs…»

Et le plaisir dans tout ça? Est-ce que ce ne serait pas une bonne et simple raison de s’accoupler? « C’est un plus», admet le biologiste, et même chez les animaux: «On a observé des orgasmes chez les écrevisses, les serins, les fouines… Mais là encore, ces réactions musculaires et neuronales sont une manifestation du désir qui est une forme d’attachement».

 
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