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05/02/2014

«Les caresses c'est ce qui reste quand on a tout oublié!»

Les plus belles caresses d'amour 3D.jpg

Il a 81 ans «et demi» précise-t-il en vous regardant de son œil bleu et vif. Sa poignée de main est douce, comme une caresse. Pas étonnant de la part de Gérard Leleu, médecin, sexologue, mais surtout militant pour la réhabilitation de la caresse: depuis Le traité des caresses, paru en 1983 et vendu à plus d’un million d’exemplaires, il sort régulièrement des ouvrages traitant de l’art de caresser son partenaire et donne des conférences, dont la prochaine a lieu le jeudi 6 février, au Café du Pont neuf à Paris. Gérard Leleu est venu caresser Tout SEXplique pour présenter son nouvel ouvrage Les plus belles caresses d’amour (éd. L’Instant Cupcake).

Vous liez beaucoup votre passion pour la caresse au féminin, aux désirs de caresse des femmes. Les hommes n'aimeraient donc pas ça?

Les deux sexes sont égaux devant le toucher, nous avons les mêmes terminaisons nerveuses, mais chez l’homme existe une peur culturelle des caresses. Celui qui est tendre est taxé de mou, la virilité n’est pas associée à la tendresse. Au contraire, les femmes, notamment par la maternité, sont plus autorisées à caresser, à être douces. Même si les hommes acceptent de plus en plus leur part féminine, leur désir plus prégnant, plus urgent, qui se traduit par l’érection implique le passage à l’acte. On n’a pas le temps de faire dans la «bagatelle».

Peut-on apprendre à caresser?

Pas vraiment. Il faut simplement écouter ses souvenirs, son instinct. Les caresses c’est ce qui reste quand on a tout oublié! Mes livres ne donnent pas de mode d’emploi mais simplement des idées et de l’audace.

Vous insistez sur le fait que les caresses ne sont pas seulement des préliminaires

Non. Les caresses au niveau de la peau ne sont pas les seules, je parle aussi de la caresse intérieure. Les hommes doivent apprendre à caresser le clitoris, mais la caresse du vagin est très importante. 70% des femmes ne ressentent rien pendant la pénétration, or la caresse par les doigts peut permettre de donner du plaisir et de réveiller la «belle au bois dormant» qu’est le vagin. Il faut savoir qu’il est constellé de points qui peuvent provoquer un orgasme, il n’y a pas que le point G.

Et les femmes, se débrouillent-elles forcément mieux avec leurs partenaires?

Pas toujours, notamment en ce qui concerne la caresse des bourses et du pénis. Je leur explique aussi souvent que la fellation, qui est la caresse donnée par la bouche au pénis, le va-et-vient sur le gland est amélioré par un mouvement de la main à la base de la verge. Là, l’homme atteint le maximum de volupté.

Mais il n’y a pas que les caresses des organes sexuels qui comptent?

Le plaisir est plus ou moins important selon les endroits du corps, mais parfois on peut atteindre une volupté digne d’un orgasme en caressant certaines zones. Par exemple, les fossettes en dessous de la nuque sont toujours très agréables à stimuler, comme tous les plis (intérieur du coude, derrière les genoux…) Mais je le répète, il n’y a pas de mode d’emploi, ce n’est jamais pareil pour tout le monde et il faut développer son attention et sa fascination pour l’autre pour découvrir ce qui lui plaît.  

17:22 Publié dans CULture | Lien permanent | Commentaires (1)

04/02/2014

Education sexuelle à l’école: Qu’apprend-on vraiment aux enfants?

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C’était il y a bientôt 20 ans mais je vois encore le visage de Mme M., pimpante prof de biologie dans un collège propret de province, s’empourprer devant une classe de 4e hilare à l’évocation des mots «reproduction», «vagin», «spermatozoïdes». Je revois aussi ce moment gênant où un brave bénévole d’une association est venu expliquer aux mêmes 4e débonnaires comment et pourquoi mettre un préservatif sur une banane. En revanche, je n’ai aucun souvenir d’avoir entendu le mot «masturbation» prononcé dans l’enceinte d’une école ou qu’on m’ait un jour incitée à devenir homosexuelle. Mais les choses ont peut-être changé depuis le temps, avec ce monde qui se barre en sucette, les valeurs qui se perdent et  y a plus de saisons, ma bonne dame.

Sur le site de l’Education nationale, pas la queue d’un cours de tantrisme ou de partouze:

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Les «connaissances scientifiques», c’est le fameux cours de bio pendant lequel on a gloussé pendant une heure. Le reste, c’est de l’éducation, faite plus ou moins assidument par les collèges et lycées qui doivent normalement organiser trois séances d’éducation à la sexualité par an. C’est souvent sur l’infirmière scolaire que la responsabilité retombe: Sabrina Brahmi, infirmière à la cité scolaire Hector Berlioz de Vincennes (94) fait appel au centre de planification familiale «qui intervient une fois par an pour les 4e ou les 3e en lien avec le prof de SVT», explique-t-elle.

Et que raconte le Planning familial aux ados en pleine puberté? «Nous abordons la sexualité dans sa dimension affective, relationnelle, sociale, et pas seulement biologique ou médicale», explique Véronique Sehier, co-présidente du Planning familial. Donner une image «positive» de la sexualité et pas seulement effrayer les jeunes avec les maladies sexuellement transmissibles, l’avortement ou le viol, c’est aussi la mission de Nathalie Allier, conseillère conjugale et familiale qui intervient dans des établissements scolaires sous son étiquette de bénévole au Cler  Amour et famille, «association reconnue d’utilité publique qui œuvre pour l’épanouissement affectif et familial de toute personne, jeune ou adulte, en couple ou non». Après avoir recueilli les questions des élèves de manière anonyme, elle passe deux heures avec des groupes de filles ou de garçons pour «les rassurer» et «leur apporter des réponses claires» : «Ils se posent beaucoup de questions sur la puberté, ont très peur de ne pas être dans la norme, explique Nathalie Allier. Ils ont aussi beaucoup de questions sur la sexualité et de plus en plus sur l’homosexualité ou l’avortement sur lesquels leurs connaissances restent superficielles. On leur explique avec des mots précis, on appelle un vagin, un vagin et un pénis, un pénis. On essaye surtout de leur faire trouver eux-mêmes les réponses.» Ainsi, lorsque les filles s’interrogent sur la «nécessité» de coucher avec leur petit copain «sinon il va me quitter», Nathalie Allier leur fait prendre un peu de recul: «Souvent, elles réalisent elles même que le plus important est d’être prête.»

Dès la primaire, voire la maternelle

Les plus jeunes élèves que Nathalie Allier rencontre sont en classe de CM2. Avant, le Cler estime que «c’est de l’ordre des parents». Pourtant, l’Education nationale précise que dès l'école primaire, «les temps consacrés à l'éducation à la sexualité sont intégrés le plus possible à l'ensemble des autres contenus d'enseignement». «Ce n’est pas trop tôt si c’est adapté à l’âge de l’enfant, estime Hélène Romano, psychologue et auteur de Ecole, sexe et vidéo (ed.Dunod). En maternelle, cela peut être apprendre à respecter son corps, expliquer que l’on a des parties intimes que l’on n’expose pas.» Alors que certains parents trouvent choquant que ces sujets soient abordés avec des petits de quatre ans, Véronique Sehier, co-présidente du Planning familial, rappelle que «les petits garçons n’attendent pas les cours d’éducation à la sexualité pour se masturber!» et que dans les pays où l’éducation à la sexualité est intégrée dès le plus jeune âge dans les programmes scolaires, les taux de grossesses non désirées sont plus faibles que chez nous.

L’importance d’aborder ces thèmes tôt se justifie aussi par la vision quasi quotidienne d’images sexuelles par les jeunes, que ce soit dans les clips, sur internet ou à la télé. «Les questions que nous posent les 4e ou les 3e aujourd’hui sont celles des classes de seconde d’il y a quelques années», observe Nathalie Allier, qui constate que face à la pornographie omniprésente y compris chez les jeunes ados, il est important de donner des représentations plus réalistes de la sexualité  et d’expliquer aux jeunes qu’il faut savoir «gérer ces pulsions de vie».

En faire «des adultes responsables»

Mais est-ce vraiment à l’école d’aborder ces sujets? «Avant les années 2000, on ne parlait pas d’éducation sexuelle mais d’instruction, rappelle Claude Lelièvre, professeur d'histoire de l'éducation à l’université Paris V. C’est la circulaire ministérielle du 21 novembre 2001 qui a défini l’éducation à la sexualité comme une éducation au respect de l’autre, à l’égalité entre garçons et filles et à l’acceptation des différences.» Des «valeurs républicaines» que Paul Raoult, représentant des parents d’élèves de la FCPE, estime plus faciles à aborder dans le cadre scolaire qu’en famille: «Ca peut être beaucoup plus facile pour les enfants d’en parler avec une personne extérieure à la famille, estime-il. Sans compter que tous les parents ne sont pas forcément aptes ou peuvent être gênés.»  

Et les parents, même pleins de bonne volonté, ont eux-mêmes une vision de la sexualité très personnelle, liée à leur propre parcours, leurs convictions, leurs pratiques. Sans pour autant imposer des normes aux enfants, l’école peut leur apporter une «base» de respect et de tolérance nécessaire à la vie en société. «Plus ils seront informés, plus on en fera des adultes responsables et autonomes», estime Nathalie Allier.

17/01/2014

40 ans, en surpoids et des dizaines de mecs à ses pieds

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Age: 40 ans.

Situation familiale: divorcée.

Mensurations: 90-60-90 multiplié par deux

Cherche: Des hommes pour baiser comme une folle.

A priori, ce n’est pas le profil qui fait rêver sur un site de rencontres. Et pourtant, Christine Whelan est la preuve vivante que ça marche. Comprendre: qu’elle a effectivement baisé comme une folle avec des hommes qui avaient très envie d’elle. Le témoignage de cet Américaine pourrait nous donner de sérieuses pistes pour élucider enfin le mystère de la sexytude: parmi les hommes que Christine a rencontré, l’un d’entre eux lui a donné LA réponse à une question que nous nous posons tous et toutes.

«Nous étions allongés sur le lit après une des meilleures baises de nos vies et je lui ai demandé ce qui l’avait attiré chez moi. Je savais que je n’étais pas son genre habituel, ce qui m’a rendu curieuse. Il m’a simplement regardée, a haussé les épaules, m’a sourit et m’a dit: "La confiance en soi est sexy". Ces mots ont été déterminants pour moi.»

«Pouvoir se dire que la vie que l’on a est celle qu’on voudrait avoir»

Voilà le point commun entre Christine et Jennifer Lopez: la confiance en soi. Christine abordait les hommes gaiement, en assumant pleinement son corps et ses envies. Et ils ne fuyaient pas (tous) en découvrant son physique et son âge. «On sait bien que le fait d’être sexy n’est pas une question de mensurations mais une façon de s’incarner dans sa propre vie, confirme la psychanalyste Sophie Cadalen.  Ce sont les gens vivants qui nous attirent, ceux qui ouvrent l’appétit. Si on n’habite pas son propre corps, si on ne l’accepte pas, on renverra à l’autre une image très brouillée, quelque chose sonnera faux».

On peut se trouver trop gros ou petit, l’important est d’accepter ce corps et de ne surtout pas demander à l’autre de nous apporter cette cohérence que nous seuls pouvons trouver: «Avoir confiance en soi ne signifie pas d’être sûr de faire bien mais être sûr que ce qu’on fait nous convient bien. Pouvoir se dire que la vie que l’on a est celle qu’on voudrait avoir. Et ne pas attendre des autres qu’ils nous valorisent ou nous confortent», explique Sophie Cadalen.

Christine n’attendait pas des hommes qu’ils la mettent en valeur: elle savait ce qu’elle cherchait (vivre une année 2013 «de baise récréative») et assumait totalement de le faire avec le corps qu’elle avait à sa disposition. Pour les hommes qu’elle a rencontrés, «mon sex appeal avait beaucoup plus à voir avec mon esprit d’aventure et ma capacité à m’abandonner joyeusement qu’avec la forme de mon corps», se réjouit-elle.

Quelques exercices pratiques

Mais avant d’arriver à cet état de grâce, il va falloir travailler sur soi les enfants. Arrêter de vouloir coller aux canons de la beauté, de croire que ce push-up va faire loucher tous les hommes à la ronde ou que ce jean dans lequel on peut à peine s’assoir rend notre (très compressé) popotin vachement plus désirable.  «Des critères culturels ou sociétaux renvoient aux femmes une obligation de présentation exigeante et des obstacles importants comme l’âge. Mais la confiance en soi, c’est aussi arrêter de se penser comme on nous dit qu’il faut qu’on se pense», ajoute la psychanalyste. Quant aux hommes, même combat: si leurs «injonctions» sociétales se situent plutôt du côté du salaire et de la réussite professionnelle, un chômeur en fin de droits qui assume sa vie sera toujours plus sexy qu’un PDG hésitant.   

Evidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais avec quelques travaux pratiques, on devrait y arriver (exercice n°1: non, je ne mets pas ces chaussures à talons qui me font atrocement mal pour aller ce rencard, mais mes écrase-merde que j’adore et qui permettent à mon cerveau de penser à autre chose qu’à la douleur lancinante de l’écrasement des orteils). Et graver en lettres d’or cette phrase de notre déesse du sexe Christine: «Quel que soit mon physique, j’ai le droit de rechercher le plaisir sans honte. Et peu importe ce que tous les autres vous disent, vous aussi vous avez ce droit.»

 
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