Avertir le modérateur

12/02/2015

Pénis plus doux, vagin plus propre… Ne passez pas vos parties intimes au karcher

 

 

mojo.jpg

«Le nouveau geste masculin pour les hommes soucieux de leur attribut qui veulent garder leur sexe doux, frais et propre plus longtemps». Evidemment, vous pensez à une parodie de pub des Nuls. Pas du tout: il s’agit de l’argument d’un nouveau produit cosmétique pour hommes, baptisé Mojo (le mojo = le charisme, la confiance en soi, le magnétisme, dont la clé est  visiblement d’avoir la bite qui sent la menthe).

Vagin à la vapeur

Si on peut se réjouir du fait que les marketeurs  se foutent désormais autant de la gueule des hommes que de celle des femmes, cette obsession pour la propreté des parties génitales prend des proportions inquiétantes. Encore récemment, l’actrice proprette Gwyneth Paltrow recommandait chaudement aux lectrices de son blog de s’adonner au V-Steam, un nettoyage à la vapeur du vagin. Concrètement, on s’assoit sur un siège qui émet de la vapeur mêlée d’huiles essentielles censées purifier le vagin. Parce que c’est sale, un vagin?

Non, c’est même autonettoyant. Le vagin est peuplé de petites bactéries bénéfiques qui empêchent la prolifération de germes pathogènes. Un vagin en bonne santé se défend donc très bien tout seul contre les agressions extérieures et les gynécologues recommandent de ne pas avoir la main lourde sur le nettoyage: en affaiblissant ces bactéries, on prend le risque de se retrouver avec de vrais problèmes. Conseils pour la toilette de foufounette: pas plus de deux nettoyages « superficiels » par jour, sans savon décapant et sans gant de toilette, un vrai nid à microbes.

Le charisme n’a pas d’odeur

Comme certains aimeraient que les foufounes sentent la pêche, d’autres viennent doncd’inventer une crème pour que les quéquettes sentent la menthe. Sauf que notre testeur, qui a courageusement mis son membre viril à contribution, n’a pas été vraiment emballé: «Je n’ai rien constaté de mieux (ni de pire cela dit) au niveau de l’aspect, de la douceur ou de l’odeur en fin de journée de ma teub, témoigne-t-il. Mais j’imagine que vu que c’est une peau comme une autre, on peut être sec de temps en temps, et dans ce cas-là Mojo a sans doute un effet.» Bien vu: le dermatologue Didier Coustou explique, dans le dossier de presse de Mojo, que «Comme toute autre partie du corps, la peau du pénis est soumise à un vieillissement intrinsèque qui entraîne sécheresse et relâchement.»

>> Retrouvez vendredi en vidéo le test et les avis des médecins

Sérieusement, les pénis ont-ils besoin de sentir la menthe? Si ça peut faire plaisir aux messieurs de se tartiner le zgeg, tant mieux, mais cela ne risque pas d’être un argument pour séduire. Notre testeur a d’ailleurs pris un beau revers de la part de sa douce et tendre: «Le test a été avorté vu qu’elle a refusé de m’en badigeonner le membre, et a déclaré: "Je te préviens, je lèche pas ça"». Il va falloir se revitaliser le kiki tout seul.

Pour rappel, les médecins conseillent, pour éviter les pullulations microbiennes qui peuvent dans le pire des cas entraîner l’apparition de cancers, de bien se nettoyer le pénis: décalottage complet, nettoyage à l'eau, au savon standard, séchage. Mais avoir le pénis senteur mentholée n’est en aucun cas un gage de propreté. Ni de charisme.

 

26/06/2014

Le Festival du film de fesses, vu par les miennes

FFF.jpg

Cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas foulé le tissu velouté d’un siège de cinéma. Ce mercredi soir, au Nouveau Latina, dans le quartier du Marais (où on s’y connaît en fessiers), nous nous sommes posées face à l’écran pour la première soirée de la première édition du premier FFF, le Festival du film de fesses. A nos côtés, une bonne centaine de derrières hipsteros-intellos-coquinos-parisiens s’installaient confortablement en attendant le programme de courts-métrages programmés pour cette soirée d’ouverture du FFF.

Quelques instants auparavant, la propriétaire des fesses de Maud Bambou, co-organisatrice du festival, nous expliquait ce qu’on allait faire là: «Nous voulons parler de sexe de manière belle et décalée, et réfléchir à la représentation de la sexualité dans le cinéma et dans notre société». D’accord, mais on va rosir un peu? «Nous avons choisi des films érotiques mais pas pornographiques, des classiques du genre mais aussi une sélection contemporaine, un hommage au réalisateur Jean-François Davy…», poursuit Maud. «On essaye de retrouver un romantisme du cul».

Romantisme du cul, romantisme mon cul

Bon, on a compris, ce sera pas la fête du string. Mais alors qu'on espérait être quand même un peu émoustillées par les cinq courts-métrages choisis, ni les «curiosités érotiques» du début du XXe siècle ni les plaidoyers écolo-babo-aimez-vous-les-uns-les-autres n'arrivent à nous faire frétiller. On s’engourdirait presque devant ce beau jeune homme qui se tripote en rêvant d’être un bouc (dans le film, pas dans la salle). Tout ça doit être un peu trop intello pour nous, qui sommes plutôt accros au Booty de J.Lo et aux scènes déchirantes d’émotion de Ryan Gosling (voir ci-dessous). On aimerait applaudir des deux fesses, mais on baille un peu quand la lumière se rallume. Allez, on reviendra l’année prochaine avec l’espoir de se dandiner un peu plus dans nos petites culottes d’été.

Toutes les infos sur le Festival : http://www.lefff.fr/

CADEAU DE MES FESSES

ryan-gosling-gif-place-behind-the-pines-underwear-bulge-2013.gif

 

26/05/2014

J’ai testé devenir un garçon pour une heure

groupe.jpg

J’aimerais bien être un homme une fois dans ma vie. Comme toutes les filles, j’ai déjà pensé qu’avoir un pénis, des mains poilues et une grosse voix me permettrait de mieux comprendre nos mystérieux amis les hommes. Telle Diane, je me disais que si j’étais un homme je serais capitaine d’un bateau vert et blanc, du XV de France ou de la brigade des mœurs.

«Why be a man when you can be a king?» La voix de stentor de Louise de Ville met fin au «papoter de poules» de la vingtaine de filles réunies ce samedi soir dans un bar tamisé du 9e arrondissement. La jeune femme, performeuse burlesque, comédienne, militante féministe et queer, est méconnaissable: costume trois pièces, rouflaquettes et larges lunettes de vue transforment son fin visage en belle gueule de mec. Et c’est à ça que nous devrons arriver, toutes, dans deux heures.

Pour cet atelier «drag king», organisé par le Cabinet de curiosité féminine,  il fallait venir avec des vêtements masculins. J’ai demandé à l’homme le mieux habillé que je connaisse de me prêter une tenue basique mais chic: costume noir, chemise blanche. Le garçon a beau être svelte, j’ai l’air de Chéri j’ai rétréci les gosses dans la veste. Une des miennes fera l’affaire. En revanche, mon cul de gonzesse se plaît finalement plutôt bien dans un pantalon pour fesses plates. Je commence à me sentir un peu plus masculine.

mesboobs.jpgLa prochaine étape de la transformation va nous mettre tous boobs à l’air: pour le premier des «trois B», le «binding», nous nous enroulons mutuellement dans des bandes médicales pour «tirer les mamelles sous les aisselles». « Moi j’ai de la chance, j’ai pas de seins», me dit ma coéquipière. La revanche des planches à pain, enfin. 

Vient ensuite le «deuxième B» tant attendu: la bite. Enfilant du coton dans un bas nylon, mes voisines de table se marrent: «Moi j’ai envie de voir ce que ça fait d’avoir une grosse bite», «- Regarde, elle est bien la mienne  -Ca y est, t’es devenue un mec, t’aimes ta bite!» «Oh, elle est bien celle-là, l’espace d’un instant j’ai eu envie de la mettre dans ma bouche». Le pénis, source intarissable et universelle de rigolade. Le mien est un peu petit mais une fois glissé dans le pantalon, il suffit à me faire ressentir une démarche un peu différente.

mabite.jpg

Mais c’est le «troisième B» qui va tout changer: la barbe. Avec du mascara, du crayon et des poils à coller sur le visage, nous nous fabriquons une belle pilosité.

messrouciels.jpg

Contre toute attente, avoir des poils sur le visage est mille fois plus perturbant que d’avoir une bite. Peut-être parce que nous, les filles, passons notre vie à le traquer, le poil. Peut-être parce que c’est le visage, ce qui nous définit le plus. Peut-être parce que je crois voir une photo de mon grand-père en 1950 en me regardant dans la glace. Bref, je suis troublée.

mamoustache.jpg

«Maintenant qu’on est tout poilu et avec une bite, on fait quoi?», enchaîne Louise de Ville. Et bien on marche, l’allure bien droite, sans se pousser pour laisser passer les gens, le bassin en avant et les épaules en arrière. On se serre la main, d’un geste qui vient de l’épaule et pas du poignet. On s’assoit en écartant les jambes pour bien laisser la place à notre nouvel ami le zizi de s’étaler. On boit un verre en prenant garde de bien le saisir avec tous les doigts de la main. On se salue en baissant notre douce voix d’un ton. «Sur de simples gestes, on projette la sexualité des gens», nous dit Louise, illustrant son propos par le petit doigt en l’air en buvant. La biscotte, évidemment.

 

Un peu caricatural, tout ça, non? «Je ne réduis pas les hommes à ces attitudes, corrige Louise de Ville. Il s’agit de tester un extrême pour s’apercevoir du peu de différences qu’il y a entre nous finalement: nous sommes tous contraints par des codes, masculins ou féminins. Dire que les restrictions selon le genre affectent tout le monde est pour moi une manière d’être féministe. L’objectif de cette expérience est d’arriver à un peu plus de liberté pour tout le monde.»

Liberté pour Amélie*, 24 ans, venue pour perfectionner son personnage masculin qu’elle endosse un jour sur deux, quand elle le sent, quand son petit ami ne voit pas d’inconvénient à aller en soirée avec elle/lui. Liberté pour Sandra, la petite trentaine, d’aller voir «de l’autre côté du spectre» pour mieux travailler sa féminité en talons aiguilles. Liberté pour toutes de venir principalement pour s'amuser, pour voir, comme des enfants qui joueraient à se déguiser. «Mon mari m’a dit de ne pas revenir habillée en homme, que ça allait le dégoûter, me confie Emmanuelle. Mais ma fille de cinq ans veut me voir en garçon, ça l’amuse beaucoup!» Liberté enfin pour moi de repartir aussi fille que j’étais arrivée, peut-être même un peu plus. J’ai envie de mettre des robes légères et du vernis à ongles. Moi si j’étais un homme, je serais romantique.

Prochain atelier le 11 juillet, inscriptions sur le site du Cabinet de curiosité féminine.

*Les prénoms ont été modifiés

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu